Emotion, sentiment, ressenti, c’est pas du pareil au même !

 enfantinterieurLa première chose pour toute bonne communication est de s’assurer que les deux protagonistes possèdent la même définition du vocabulaire utilisé. Beaucoup de quiproquos et beaucoup trop d’incompréhensions ont ainsi mené l’humain à se faire la guerre.

Des fois, en voulant juste exprimer un truc simple, l’autre a tout compris de travers et on s’est retrouvé sur le bord de la route, la valise à la main en train de faire du stop sur la route de la compréhension mutuelle…

Autant il a fallu que je décrive plus en détail ce qui différenciait l’âme de l’esprit, (article 1article 2), autant je crois qu’il est bien aujourd’hui que j’aborde les termes extrêmement courants que sont les émotions, les sentiments et les ressentis.

Il est évident que chacun d’entre nous a ses petites définitions propres, qui malheureusement seront colorées par des expérimentations personnelles pas toujours des meilleures et des plus convaincantes.

Commençons donc à flinguer certaines conceptions qui nuisent, comme les moustiques, à un état de santé mental approprié. Je commencerai d’abord par un autre mot qui nous arrive d’ailleurs : le nirvana.

C’est vrai que ce mot, auquel on voudrait prêter des qualités divines, est un leurre total quand on l’aborde sous l’angle des émotions, des sentiments ou des ressentis. Bref, c’est du conceptuel pur pour individus incarnés en mal de bonheur…

Exit donc le nirvana, car ce n’est qu’un objectif aussi imaginaire que la fusion angélique. On peut infuser, effuser mais pas fusionner, sinon on l’aurait déjà fait ! Passons donc à une autre vérité avant d’aborder l’essentiel…

La vie ne consiste pas à avoir raison. Elle consiste à être libre et complet.

Si vous ne voyez pas le lien avec les émotions et les sentiments, c’est que vous partez probablement de loin. Celui des champs de l’innocence primordiale où la naïveté se retrouve à être un lourd handicap dans notre bac à sable terrien.

Bref, si vous faites dans la première partie de la citation, alors vous devez être un vétéran hyper-médaillé concernant le nombre d’émotions assez violentes, de cicatrices plus ou moins sentimentales et de ressentis assez nauséabonds.

Commençons donc par les émotions. Vous savez, cette espèce d’énergie qui vous traverse tout le corps et qui littéralement vous déloge de votre paix intérieure aussi sûrement que si l’on vous annonçait qu’un serpent ou scorpion vient de rentrer dans votre botte…

L’émotion, dans sa nature profonde, ne fait pas dans le miaulement, la tendresse, la tiédeur, la nonchalance ou le progressif. C’est plutôt brutal, soudain, comme un barrage qui s’éventre suite à une petite charge de plastique bien placée.

En clair, les émotions font plus dans le déluge que dans l’arrosage en fine gouttelettes. Alors d’où viennent-elles pour être aussi violentes ? De l’enfer, du paradis ? Ni l’un ni l’autre, mon général !

Pourtant, sans elles que serions-nous ? Assurément des anges, me répondront les plus attentionnés. C’est vrai, mais le hic c’est que nous sommes sur Terre, dans le bac à sable, en pleine classe de maternelle et une pelle à la main pour affirmer notre individualité à ceux qui en douteraient !

Mais à bien y regarder, une émotion arrive toujours après un évènement précis, alors que le sentiment serait plutôt dans la mise en température progressive. L’émotion serait comme l’enfant de quelque chose, tandis que le sentiment serait plutôt le parent de quelque chose.

Alors, que serait cet évènement déclencheur qui nous foudroie quasiment à chaque coup. Où est le responsable du court-circuit qui nous fait péter les plombs ou carrément sauter le compteur électrique ?

Il est en nous assurément, et pourtant il est en réaction par rapport à quelque chose d’extérieur. En effet, je n’ai jamais réussi à me mettre en colère tout seul, sauf quand je rembobine la cassette pour me la rejouer à fond…

Bref, ce détonateur qui est en nous s’appelle l’incompréhension. En effet, quand une énergie nous déboule dessus à toute grande vitesse, notre incapacité à la gérer fait qu’il y a une surtension nerveuse qui fait que toutes les guirlandes du sapin s’allument en même temps.

Dans cette espèce de flash inattendu et très démonstratif, quelques ampoules vont y laisser leur filament. C’est clair qu’après, les réparations sont plutôt délicates et chirurgicales puisque l’on ne peut pas remplacer les ampoules…

Notre problème vient donc de notre incapacité à gérer calmement le torrent qui ravage nos humbles paysages intérieurs. Certes, avec le temps, on a fait une bonne cartographie des zones inondables et on évite un tant soit peu les météos orageuses.

Ainsi, en s’interdisant certains sujets, certains domaines de causerie hautement explosifs, on s’assure que nos constructions sur pilotis ne seront pas trop éprouvées. C’est une tactique possible, mais pas vraiment une bonne stratégie.

Gérer ses émotions revient donc à prévoir des circuits de délestage suffisamment proportionnés afin d’endiguer correctement les débordements peu plaisants dont on déteste les conséquences.

On ne pourra jamais dire que nous n’aurons plus d’émotions, car vu l’état d’ignorance dans lequel on baigne, ce serait vraiment prétentieux et cela prouverait à 300% que votre ego même vraiment le bal.

En clair, les émotions sont nos météos intérieures qui nous font comprendre qu’il y a des écoulements énergétiques obstrués par des boues intérieures et qu’il nous faut récurer dans les plus brefs délais.

C’est donc super positif pour décrasser la bête et ainsi évoluer vers un niveau supérieur de compréhension, mais cela nécessite une autre grande attitude : celle de la responsabilité personnelle.

En effet, les tuyaux bouchés, les fossés emboués ne sont l’œuvre que de nous-même, dans cette vie ou des vies antérieures, alors ce n’est pas la peine de baffer ou tuer celui qui est extérieurement à l’origine de l’évènement.

Si quelqu’un vous dit quelque chose et que vous montez sur vos grands-chevaux, cela veut dire qu’il a touché (consciemment ou inconsciemment) une partie sensible de votre animalerie.

Rendez-lui grâce, quitte à le faire plus tard avec de véritables excuses, car tout un chacun sait en son for intérieur que cela peut lui arriver à n’importe quel moment, et surtout dans ceux où le stress est majeur.

Piquer une colère et lâcher la bride à nos barrages intérieurs est donc très sain, mais il faut quand même encadrer cela du mieux que l’on peut. Exprimer sa colère est fortement conseillé, mais au lieu de prendre le crâne de l’autre pour un punching-ball, allez jouer au foot, au volley, au tennis ou à tout sport relevant d’un truc qui y ressemble (un truc sphérique qui répond quand vous tapez dedans).

Vous ne pouvez pas savoir combien de fois j’ai bastonné le ballon de volley dans ma vie. Bref, chaque entrainement a souvent été pour moi une séance de relaxation vitale et surtout sans aucun psy, car eux ils préfèrent vous faire allonger sur un divan et ne pas vous regarder dans les yeux…

Bref, maintenant, je pense que vous avez saisi d’où vient l’émotion et comment elle est provoquée. C’est juste de l’énergie d’incompréhension qui vous a tapé sur le système. Voyez, c’est simple !

Maintenant, abordons le sentiment. Là, on peut ressentir que c’est une énergie très féminine par son approche, alors que l’émotion est carrément d’essence masculine, donc brutale, soudaine et souvent destructive.

Le sentiment ressemble donc à quelque chose de plus doux, de plus gentil et qui est là aussi pour vous renseigner, pour vous faire prendre conscience de quelque chose qu’il serait bien que vous compreniez.

Entre un sentiment d’amour qui s’élève en vous et une émotion d’amour, on peut clairement faire la différence. Le sentiment arrive en premier, et l’émotion ensuite. En cela, le sentiment est le parent, tandis que l’émotion est l’enfant.

Le sentiment est quelque chose qui prend son origine à l’extérieur de nous et qui cherche à nous pénétrer. C’est comme un parfum qui vous envahit. Que son odeur soit bonne ou moins bonne est une autre histoire, mais cela reste tout de même une fragrance (soit du parfum, soit des odeurs…).

Par contre, l’émotion vient de l’intérieur de vous suite à un mot, une baffe, un geste, une mimique que vous avez eu du mal non pas à interpréter mais à gérer. Voyez-vous la différence ?

En fait, le sentiment ou parent vient de l’extérieur et vous envahit progressivement, alors que l’émotion est plutôt volcanique, instinctive et difficilement contrôlable.

Cette dernière attitude est connue sous le nom de votre enfant intérieur. En effet, en tant qu’âme individuelle, il existe en vous une séparation d’avec le tout qui nous fait tous souffrir d’une manière consciente ou non.

Cette individualisation, nous la portons en nous et notre enfant intérieur exprime son énergie via les émotions. Une émotion d’amour, de partage peut vous traverser aussi fort que celle de déni, de rejet ou de négation.

En clair, votre enfant intérieur vous parle à travers vos émotions, tandis que le monde et l’univers vous parlent avec les sentiments. Se sentir branché avec le Ciel et les anges peut déclencher des émotions intenses chez l’enfant intérieur qui se rappellera alors ses origines.

Il en est de même quand nous baignons dans un monde cruel, de défiance et de compétition. Notre enfant intérieur nous éclabousse alors avec toute sa souffrance intérieure.

Refouler vos émotions, c’est rendre autiste votre enfant intérieur. C’est nier qu’il existe en vous une étincelle divine qui essaie de vivre et d’expérimenter par lui-même la Création de son Père-Mère.

Une émotion ne doit être ni jugée ni refoulée. Elle doit être prise en considération et avec beaucoup de responsabilité. Comprenez-la en lui laissant la possibilité de s’exprimer, mais ne lui permettez pas de faire tout ce qu’elle veut sous peine de voir votre enfant intérieur devenir le pire tyran qui soit.

Quand la colère, la rancune ou la haine vous habite, c’est parce que votre enfant intérieur se ressent impuissant à affronter l’extérieur. C’est un cri très fort qui est dû, principalement, au déni systématique et organisé de votre propre divinité par toutes les institutions du monde.

Ce phénomène est connu sous le nom de victimisation. En vous sentant la victime de quelque chose, vous ne faites qu’asseoir votre enfant intérieur dans une chaise électrique et cela le met en colère.

Rappelez-vous à chaque fois que vous avez été rabroué, insulté, dénié comment votre enfant intérieur a réagi. Cette énergie dépasse l’énergie atomique en puissance et est très radioactive.

Si vous vous sentez abattu, épuisé et à la limite de tout envoyer balader, c’est que vous êtes à la limite de votre 1789 intérieur. Les émotions refoulées, c’est de l’énergie très destructive pour votre corps physique.

En n’écoutant pas ou peu votre enfant intérieur, votre vie va devenir un calvaire car lui, il n’a pas envie de rester dans un corps gouverné par un usurpateur appelé ego et qui veut faire dans le paraître et l’acceptation de son misérabilisme en tant que victime ne pouvant contrôler les forces extérieures.

En écoutant votre enfant intérieur grâce aux émotions, vous vous permettez d’avoir un corps émotionnel sain, clair et équilibré. Cela a pour avantage de faciliter le contact avec les autres énergies sous formes d’intuition ou de ressenti.

L’être humain est un empilement énergétique et vibratoire composé, de ce fait, de plusieurs corps vivant en parallèle dans le même plan d’existence. Assurer une bonne communication entre eux est le début d’un retour à l’unité.

Prendre la responsabilité de vos émotions, c’est aussi de ne pas en faire des vérités absolues. Tout évolue, change et interagit, alors de ce fait votre enfant intérieur grandit lui aussi.

La maîtrise spirituelle consiste donc à faire cohabiter en bonne harmonie tous les locataires de l’immeuble. Aucun ne prime ou n’a de droits supérieurs aux autres. Ils doivent tous se sentir solidaires et traités avec équité.

Pour tous les parents ayant eu des enfants, vous connaissez la musique, car aimer ses enfants de la même manière est impossible. Nous avons toujours des préférés, car quelque chose en eux nous rappelle qui nous sommes.

Pourtant nous essayons de leur procurer la même attention à tous. Nous essayons de les aimer en fonction de ce qu’ils sont, sans pour autant leur infliger notre vision des choses.

Eh bien, être sur le chemin de l’éveil revient au même. Respecter chacun du mieux que l’on peut sans pour cela leur donner tous les droits. Car c’est connu, là où il n’y a pas une autorité minimale dans une famille, les enfants sont imbuvables et deviennent souvent des cas sociaux.

Un enfant a besoin d’avoir une autorité en laquelle il peut avoir pleinement confiance quand il expérimente et découvre ce qu’il est. Sans phare dans sa vie, il sera totalement déboussolé et criera plus tard, à sa manière, son désarroi !

Votre enfant intérieur habite votre corps émotionnel, car il est votre corps émotionnel. Coincé entre votre corps énergétique (voisin du dessous) et votre corps mental (voisin du dessus), il aspire à respirer la joie.

La joie, c’est l’expression d’une alchimie spirituelle entre l’émotion et le sentiment. C’est le mariage entre un parent et un enfant qui ont compris que l’un a autant besoin que de l’autre.

Dans le respect réciproque, une profonde gratitude peut naître et démontrer que l’intérieur et l’extérieur peuvent être uni grâce à la conscience, cette surface que nous appelons peau.

En effet, notre peau est l’équivalent de notre conscience dans le plan physique. Elle est souple, englobe notre totalité physique et nous informe de tout ce qui nous touche. D’après vous, pourquoi aimons-nous tant les caresses ?

Alors caressez, massez tous les gens que vous pouvez. Donnez-leur la main, embrassez-les, faites-leur l’accolade, touchez-les affectueusement et vous verrez alors la magie du toucher en action : de l’amour pur dans le pur silence d’un cœur qui déborde d’une joie profonde d’être ici et maintenant avec vous…

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 18 mai 2009 et réactualisé sur le blog 345D le 29 août 2012.

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(1 commentaire)

    • HERVE DEBORD on 29 août 2012 at 9 h 02 min

    Merci, Laurent, avec cet article que j’avais zappe en 2009 tu répond au mail que je t’ai envoyer sur mes émotions du moment. Je te rend grâce, tout est parfait. 😀

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