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Le chômeur et l’art de la guerre – partie 1

 battant 1Quel rapport y a-t-il entre un chercheur d’emploi et l’art de la guerre ? Aucun et plein à la fois ! Apparemment complexe, le sujet est en fait très simple. Il se résume à « comment une entité A peut-elle intégrer une entité B sans être rejetée ? ». La vie n’étant que pénétration et rejet, on comprend pourquoi « l’art de la guerre » intéresse les pénétrateurs !

En effet, sans tomber dans les grosses métaphores, chacun d’entre nous est né suite à une pénétration et ensuite à un rejet. Mis à une autre échelle, un chercheur d’emploi est une entité qui, voulant survivre, se doit d’intégrer une autre entité qui, elle, doit aussi survivre.

Chacun a besoin de l’autre, mais comment faire pour se protéger contre ce qui va nous affaiblir tout en restant ouvert à ce qui nous est profitable ! C’est là tout le dilemme. Comment va-t-on prendre les décisions et sur quels critères ?

En définitive, notre vie n’est que notre capacité à prendre des décisions.

De ces décisions dépend notre sort ! De l’épaisseur de nos hésitations naîtra l’épaisseur de nos ennuis. Puis, de compromis en compromis, nous compromettons notre vie ! Alors chercheurs d’emploi, sachez que vous êtes à un croisement dans votre vie et que vos décisions vont engager l’avenir. Donc :

1 – Soyez positif sinon cela craindra pour l’avenir… Cela serait mon premier conseil de guerre : quand les troupes ont le moral, la probabilité de gagner la bataille est plus grande. A l’inverse,

2 – Une trop grande confiance ou enthousiasme amenuisera les avantages que vous retirerez de la bataille. (penser judo = j’utilise la force de l’autre à son détriment). Si votre volonté d’avoir un job se fait trop sentir, alors l’autre l’interprétera à son avantage et vous vous retrouverez à travailler pour des clopinettes ou dans des conditions exécrables !

3 – Restez digne quoi qu’il arrive. Vous êtes vous-même et honorez l’adversaire par votre dignité. Si vous commencez à vous lamenter de vos difficultés ou à vous justifier à tout bout de champ, alors on vous jettera à la hauteur de vos lamentations. Aurait-on déjà vu un seigneur se battre à l’épée avec un manant pour défendre son honneur ?

4 – Faites toujours que votre adversaire puisse sauver la face aux yeux de tous et plus particulièrement de ses fidèles, sinon vous vous fabriquerez un ennemi de la pire espèce qui fera tout pour laver son honneur. En clair, quoique dise le recruteur et les manières discutables qu’il a employé pour vous faire plier à ses conditions, respectez-le et dites-vous que c’était de bonne guerre. Vous auriez peut-être fait la même chose dans son cas et vous ne savez pas quelles étaient ses contraintes du moment.

5 – Une fois vaincu votre adversaire, traitez-le en frère et il vous aidera. Si vous avez pris l’ascendant sur votre recruteur et que vous avez marqué des points, restez courtois et ne montrez aucun signe extérieur de votre victoire. Lui il le sait déjà que vous avez gagné et il vous sera reconnaissant (voir règle 4). En effet, en professionnel d’un métier, vous aurez souvent l’avantage sur un recruteur qui ne peut connaître toutes les professions, alors ne devenez pas hautain si vous découvrez qu’il n’y connaît rien.

Ex : lors d’un entretien mes deux recruteurs ont voulu tester mon anglais à l’oral. Déjà le fait qu’ils me disent qu’ils allaient me poser les questions en français et que je devais répondre en anglais m’a semblé louche. Après quelques questions, j’ai réalisé qu’ils étaient presque nuls en anglais et qu’ils ne pouvaient pas avoir de répartie à mes tirades, car à mon tour dans mes réponses je leur posais des questions auxquelles ils ne comprenaient rien. Ils ont voulu sauver la face en me demandant de reparler français car ils avaient une procédure à suivre, alors j’ai laissé faire car eux savaient maintenant que je savais qu’ils ne savaient pas.

6 – Dites-vous bien que gagner une victoire c’est bien, mais que votre objectif est de gagner la guerre. N’allez donc pas chanter sur les toits tant que vous n’avez fini votre période d’essai. L’humilité est une qualité essentielle dans les phases d’écoutes et d’observations mutuelles.

7 – Remettez en cause votre stratégie si à chaque entretien on vous claque la porte au nez. Ne forcez pas le trait et encore moins le destin. Remettez en cause la méthodologie que vous vous évertuez à vouloir prendre ou la voie elle-même. Si pénétrer un marché vous donne de l’urticaire, changez de crémerie, ce n’est pas fait pour vous !
    
Alors en dernier, rappelez-vous qu’une entreprise drague et se fait draguer. Si les deux consentants sont ok alors un contrat de mariage sera élaboré. Ensuite à chacun d’accuser réception de la paternité de ce qu’ils produiront dans leurs échanges même en cas de divorce ou de décès.

Nous récoltons ce que nous semons. Alors faites en sorte que votre partenaire sache que vous l’aimez toujours malgré les rides de tous les couacs dans votre relation. Rien n’est parfait, mais tout est beau pour celui ou celle qui regarde avec l’envie de toujours mieux faire par une écoute active vraie, volontaire suivi d’actes en accord avec ce que vous êtes.

Amen !
Sermon fait sur la monta … non, au clavier…

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 4 septembre 2006 et réactualisé sur le blog 345D le 29 mars 2012.

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