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La communication, il n’y a que cela de vrai !

 mire-gomtreDis comme cela, ça paraît péremptoire mais en réalité tout est dit ! L’être humain est, par définition, un individu qui a besoin de communiquer pour vivre. Sans communication, il n’est qu’un corps en perdition dans un monde de mouvement.

Communiquer commence par recevoir de l’information extérieure (bruit, couleur, lumière, odeur, parole, sourire, etc.) afin de savoir où on en est, et puis de réagir en fonction de l’information reçue pour démontrer que nous ne sommes pas mort… !

Simple en apparence, le problème se corse surtout dans l’information émise. En effet, nous croyons souvent à tort que les autres savent qui nous sommes et ce que nous faisons, du moins en ce qui concerne les personnes qui nous sont proches familialement ou professionnellement.

Ceci est la première croyance qu’il va vous falloir revisiter sérieusement.

En effet, globalement nous sommes orientés pour des raisons de survie « physique » vers nous-même, et ce n’est qu’après que nous nous tournons vers les autres. Sans cet effort conscient d’ouverture et du vouloir émettre volontaire, nous sommes transparents dans l’environnement des autres.

Cela se révèle surtout dans le milieu professionnel. Vous avez été embauché pour remplir une fonction et vous croyez que votre chef ou tout simplement vos collègues connaissent ce que vous faites exactement.

Détrompez-vous, car ils vous classent comme responsable achat, comptable, opérateur, magasinier, etc. mais cela ne dit pas clairement quelles ont été, ou quelles sont, les tâches dans lesquelles vous vous êtes super bien tirés !

Faire connaître les tâches ou projets que vous avez mené à bien est un acte de communication très important pour votre « ascendance » et « ascension » dans votre entreprise, voire dans votre milieu familial. Si vous ne dites rien, comment voulez-vous que l’on sache ?

Attendre des autres un effort pour vous reconnaître relève de l’illusion. C’est aussi la raison pour laquelle, quand quelqu’un vous rappelle quelques bonnes actions passées, vous vous mettez sur vos gardes car vous vous attendez le plus souvent à un coup tordu.

C’est le propre de quelqu’un qui veut vous manipuler. D’abord, il a besoin de flatter l’ego modestement pour vous dire inconsciemment « j’ai pris connaissance de ton importance -et je te reconnais comme utile », et maintenant voilà ce que j’attends de toi.

La technique est connue, alors pourquoi ne pas l’utiliser positivement à son avantage ? Donc, dès maintenant, allez modestement dire quelles sont les affaires sur lesquelles vous travaillez, quelles sont les difficultés que vous rencontrez à toutes les personnes qui croisent votre chemin.

Tout en restant confidentiel sur les données, vous verrez que petit à petit vos proches vont mieux cerner non seulement votre fonction mais surtout vos capacités de résolution de problème, de communication avec tous, et tout cela sans vouloir les manipuler puisque vous n’avez aucune demande précise.

Il est connu que les collaborateurs savent globalement mener à bien ce qu’ils font mais qu’ils sont complètement à la rue pour en parler positivement à leur avantage. Après, ils viendront se plaindre que l’on a embauché quelqu’un à l’extérieur de l’entreprise pour faire quelque chose qu’ils savaient faire !

Compte tenu du temps qui nous fuit à pleine vitesse, et cela surtout dans les sphères hiérarchiques, on comprend mieux que si l’on ne fait pas de pub pour soi-même, les cols blancs n’ont pas vraiment le temps de se tenir au courant de vos réalisations, surtout si elles ne sont pas exceptionnelles !

Que ce soit à la photocopieuse, au distributeur de café, à la cantine, dans les couloirs, soyez un communicant discret, c’est-à-dire ne soyez pas un ego gros comme ça mais plutôt une personne normalement investie dans sa fonction et vous verrez des miracles se réaliser.

J’ai vécu cette expérience dès mon premier job ! J’étais dans le BTP en tant que dessinateur d’exécution et, régulièrement, je sortais avec le géomètre pour faire des mesures de niveau en tenant tout simplement la mire (règle graduée) verticalement là où on me disait de la mettre.

C’était tout bête, jusqu’au jour où le géomètre quitta l’entreprise. Puis au bout de 15 jours, la panique dans le bureau du PDG commença à se faire entendre. Un des clients commença à dire que la pente du parking du supermarché n’allait pas vraiment dans le sens de l’écoulement de l’eau là où on l’attendait.

Hirsute, le PDG débarqua dans le bureau d’étude et « se lâcha » en gueulant qu’il n’y avait pas un gars capable (dans sa putain de boite) de mettre un niveau correct . Pourtant, il avait donné la responsabilité à un bon quadra qui avait fait des chantiers au Moyen-Orient.

Voyant un mini-sourire sur mes lèvres, il me regarda avec ce regard non pas interrogateur mais plutôt du bûcheron prêt à vous couper en deux avec sa hache et me posa la question : « et toi, tu sais ? ». Haut de mes 19 ans, je hochai la tête affirmativement…

Alors la question fusa : « Pourquoi tu ne l’as pas dit avant ? ». Ma réponse fût tout aussi cinglante : « Vous ne me l’avez pas demandé ! » (avec l’intonation du « moi, le petit dessineux tout juste bon à tenir une mire !…).

Il faut dire que l’autre « vieux » du Moyen-Orient s’était tellement vanté qu’il en était capable que l’on n’avait pas daigné me porter attention, moi le jeunot de service… Je n’avais donc pas insisté en me disant que mon tour viendrait peut-être, un jour, quand je serais plus vieux !

Dans les jours qui suivirent, je devins le géomètre suppléant en chef. Trois mois plus tard, après avoir fait mes preuves, j’ai eu une augmentation correspondant au nouveau statut de Technicien géomètre tout en étant devenu dessinateur projeteur. Et puis sur les chantiers, je n’étais plus le petit boutonneux en attente d’aller faire son service militaire mais quelqu’un qui disait aux autres où allait passer la route et à quel niveau !

Bref, vous l’avez compris, la mise a été sauvée mais je l’ai échappé belle, sinon je serais probablement encore un banal dessinateur qui passe après tout le monde pour tenir des plans à jour. En sorte, une espèce de fonctionnariat peinard en attendant mieux !

Il est clair que cette leçon fut largement appliquée tout le reste de ma vie au point d’avoir fait, de fil en aiguille, des ruptures de métiers assez impressionnantes pour découvrir que j’étais plutôt un ouvreur de chemin que celui d’un suiveur…

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 18 avril 2008 et réactualisé sur le blog 345D le 28 mars 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/la-communication-il-ny-a-que-cela-de-vrai/

(2 commentaires)

  1. kamala

    Bonjour Laurent Brigitte et vous tous que je retrouve avec tant de bonheur !

    Je ne trouvais pas d article depuis quelques jours ( trop compliqué pour moi la compréhension du niveau de Laurent ) et là … je répond ! OUI laurent seule la communication directe peut permettre de se situer ! de s imposer sans nécessairement blesser ! d avancer sans vouloir écraser ! mais pour cela encore faut il se le permettre ! c est LA BASE de toute chose ! qui peut mieux que nous memes exprimer ce que nous sommes ! la parole est là disponible accessible et l on s en prive depuis si longtemps et la magie le jour où l on ouvre la bouche posément ! simplement mais fermement et les miracles arrivent ! plus la peine d aboyer ( ce qui ne fait que casser ) ! LE VERBE SE FAIT CHAIR ! CHAIRE et là on prend sa place ! et j ai envie de vous dire tout simplement que je vous embrasse tous !

  2. DomiLuce

    Merci pour ce rappel, Laurent ! Pour ceux qui arrivent encore à survivre dans le monde de l’entreprise, cet article va servir ! Les énergies s’en mêlent certainement, car j’ai remarqué ces jours derniers que la communication inter services avait tendance à se développer dans ma boîte, surtout depuis que je tenais au courant les autres de mes intentions : allègement documentaire et simplification, et tutti quanti. Depuis, on partage plus. Il y a encore du chemin à faire… mais ça devient de plus en plus ouvert et collaboratif. Pour un peu, on retarderait presque volontairement le départ à la retraite ! 💡 (je plaisante, bien entendu…)

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