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Le rapport à l’argent (2)

 La paire de lunette financière, que nous portons la majorité du temps, fait que notre vision du monde s’en trouve altérée et donc modifiée. Instinctivement, nous le savons car nous aimerions tous vivre dans un monde où tout serait accessible sans avoir à en payer un prix.

Voici pourquoi nous rêvons tous d’un paradis, d’un monde de paix où l’on pourrait être sans avoir à se justifier ou à montrer nos capacités. Nous ressentons que l’argent n’y aurait pas cours car là aussi, instinctivement, nous savons que là où il y a de l’argent, il y a du travail à fournir, des efforts à faire, des déformations, des compromis, des marchandages et in fine de la corruption.

L’argent entretient une relation avec de la dépendance. Pour échapper à cette dernière, nous désirons intrinsèquement nous en libérer. Cette notion de dépendance introduit obligatoirement la notion de pouvoir et des relations de pouvoir.

Quand nous avons de l’argent, non seulement nous nous sentons riche mais surtout capable de faire front à cette adversité permanente qui semble être la donne principale de ce monde dans lequel nous vivons.

L’argent a toujours existé mais pas forcément sous la forme exacerbée d’aujourd’hui. Avant, il y avait aussi le troc qui était l’art d’évaluer réellement les biens échangés. Aujourd’hui, à cause de cette notion de transfert d’énergie appelé argent, l’évaluation de la valeur d’échange réelle a été dévoyée.

L’énergie dépensée par un Chinois à faire une tâche, bien qu’identique à celle faite par un Français, n’a plus aucun rapport avec le montant d’argent gagné. Dans le cas du troc, il y aurait eu égalité et donc aucun souci de concurrence déloyale et encore moins de délocalisation.

Le système mis en place par les occidentaux, au détriment de d’autres peuples et civilisations, se retourne aujourd’hui contre nous-mêmes. Nous avons colonisé des territoires pour les piller au détriment des autres frères de l’humanité.

Aujourd’hui, ces pays retournent leur « bas coûts » contre notre système. Les entreprises s’adapteront, et en particulier les multinationales, mais les travailleurs d’aujourd’hui devront accepter cette régularisation, et souvent à leur détriment, de leur fameux « pouvoir d’achat ».

Le seul hic dans tout cela est que quand les autres auront le même train de vie que nous, les pays riches, la planète terre aura rendu l’âme… Nous ne sommes plus dans l’échange d’une betterave contre des carottes mais dans des chiffres mettant à sac notre environnement et donc, à terme, notre survie biologique.

La vie devenant de plus en plus difficile et stressante, l’être humain cherche refuge dans d’autres mondes qui sont inatteignables, de par leur nature, à l’argent mais pas forcément au troc. Je veux parler tout simplement de l’aspect « relation avec Dieu » quelle que soit la déclinaison de la pratique.

Chacun à notre manière, nous prions afin que notre vie soit facilitée et afin d’alléger un certain fardeau. Entre les sceptiques de tout poil et les croyants purs et durs, il existe une zone où le pragmatisme n’exclut pas la vision divine et réciproquement.

La difficulté à voir sa prière exaucée dépend fondamentalement de notre compréhension des mécanismes qui prévalent à transformer une intention en un bien ou action dans la matière.

Les extrémistes sont ceux qui :

  • soit n’ont vu aucune de leurs demandes se réaliser d’où un scepticisme assez cynique qui ne fait que confirmer qu’ils sont des grands déçus de cette voie d’exploration. ou
  • soit, au contraire, se résignent complètement sous les coups de boutoir de l’adversité et l’expriment en disant que c’est la main de Dieu et que ses voies sont impénétrables.

Tout cela ne fait qu’exprimer que beaucoup d’êtres humains n’ont pas découvert la puissance de la prière et encore moins le mécanisme de celle-ci.

Un certain nombre de fois, je me suis retrouvé dans des situations tellement désespérées que la seule chose qui me restait à faire était de prier. Non pas réciter un texte quelconque écrit par des gens plus ou moins « inspirés », mais tout simplement exprimer par mes tripes que j’abandonnais toutes prérogatives de mon ego afin de retrouver ma voie intérieure.

Ce serait comme un relâchement musculaire mais au niveau du mental. Ce serait comme un lâcher-prise qui dit « aide-moi car je sais que mon ignorance a fait que j’ai merdé à fond, que je suis dans une mouise totale et qu’il ne me reste plus que toi pour m’en sortir. S’il te plait, mon Dieu, donne-moi un coup de main. Et puis… si cela marche je te promets que j’irai brûler un cierge à l’église locale, ou que je ne me fâcherai plus, ou que je donnerai la pièce au premier mendiant trouvé, et que…. »

Oui, je l’avoue, que même dans ces moments-là, j’ai hautement blasphémé en essayant de marchander avec le Suprême. Qu’est-ce qu’il faut être ignare (pour rester gentil dans les mots) pour en arriver là ! Quelle prétention, quelle insolence, quelle outrecuidance d’oser demander des miracles quand le moindre acte de notre vie n’est que l’expression d’un ego ou d’une personnalité qui à l’évidence se prend pour ce qu’elle n’est surtout pas !

Oui, j’ai merdé, beaucoup merdé jusqu’au jour où un déclic s’est fait. C’est comme si, après des dizaines et des dizaines d’entraînements, vous arrivez à battre un record que vous vous étiez fixé tout en vous disant que vous n’y arriveriez jamais.

C’est seulement par votre persévérance (votre « consistency ») souvent vu comme un entêtement pour d’autres que l’impensable se réalise. D’un seul coup d’un seul, tout s’éclaircit puis au fur et à mesure devient limpide.

A partir de là, votre assurance prend l’envol et l’adversité devient l’ami qui vous veut du bien. Vous comprenez que le vent contraire, celui qui n’arrêtait pas de vous freiner dans votre course, n’était qu’une force qui voulait vous faire comprendre qu’il vous fallait déployer les ailes.

En effet, votre persistance à courir fera qu’à un moment vous allez décoller et découvrir la joie de survoler l’arbre et tout simplement de l’éviter. C’est vrai que cela fait mal de se prendre un arbre ou un mur mais une fois découvert que l’on peut voler (flyer et non dérober), c’est de l’enfance de l’art.

Certes, j’ai perdu quelques trains d’atterrissage dans les essais mais que c’est agréable de se sentir léger comme au-dessus des difficultés. De pouvoir tourner autour d’elle et de découvrir que chacune contient un cadeau inespéré !

Ce qui était adversité n’est en fait que bénédiction pour nous faire grandir et nous enrichir. Alors au lieu de pleurer pour tous les bobos que nous avons eu, regardons nos cicatrices comme une richesse inégalable et soyez sûr que l’expérience acquise sera un gain précieux face à toute nouvelle adversité.

Alors,..alors, c’est quoi le secret ? Comment qu’on fait pour décoller ? Vite, vite je suis pressé car au vu des boulets que je traîne je ressemble plus à un Canadair remplit jusqu’aux soutes plutôt qu’à un planeur effilé prêt à prendre son envol !

Eh bien, je vais vous le dire mais seulement dans mon prochain article car celui-ci commence à être suffisamment longuet. Il est dit que la patience est mère des vertus alors laissons maintenant la pâte se reposer afin que votre levain intérieur révèle véritablement ce que vous êtes et surtout ce que vous n’êtes pas et pensez être…

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 27 juin 2007 et réactualisé sur le blog 345D le 16 avril 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/le-rapport-a-largent-2/

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