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Survol d’une vie d’un vieux pas encore assez vieux

 quinqMa petite promenade dominicale en ce jour ensoleillé m’a permis de mettre en avant un fait marquant dans mon attitude vis-à-vis du monde. Avant j’étais (un gosse – légumineux plein d’énergie mais ignare), puis j’ai voulu avoir (une voiture, une famille, une maison), puis j’ai voulu pouvoir (en devenant chef d’entreprise) et puis maintenant, je désire partager (mes savoir-faire, mes expériences, ma paix intérieure) avant de retourner à l’état d’être (un légumineux ayant beaucoup moins d’énergie mais moins ignare).

C’est étonnant de voir à quel point on peut changer d’altitude quand on vieillit.

État 1 : Quand j’étais gosse, j’étais comme une jeune pousse rampante puis galopante pleine d’énergie et de folies… J’avais beaucoup de rêves et d’incrédulités. Tout semblait ouvert et possible jusqu’au jour où l’on vous dicte vos droits et qu’on vous lâche dans le monde du travail. Majeur et supposé adulte, j’ai quitté le bac à sable pour jouer dans l’arène du cirque.

De l’état de rampant il a fallu que j’apprenne à courir comme Batman dans sa Batmobile.

État 2 : Donc, achat de voiture, c’est moins fatigant et plus facile pour draguer, entraîna rencontre amoureuse et bébé en construction. A partir de là, un home sweet home s’imposa ainsi qu’une clôture de certitudes toutes fraîches sur la vie et ses contours.

Sautant d’une piste de cirque à une autre, je commençai à découvrir l’ivresse de la légèreté de l’être. De l’état de courant, je suis passé à l’état de sauteur comme Spiderman.

État 3 : Puis voyant que j’avais été un blaireau obéissant alors que je pensais tout le contraire, j’ai voulu prendre de l’altitude pour mieux voir le quartier. Et puis à force de sauter, j’ai appris à voler comme chauffeur d’un Objet Volant Pas trop bien Identifié : la philosophie d’être mon propre maître. Cela m’a appris qu’il y en avait d’autres à l’étage au-dessus. Leurs noms étaient « banquiers ».

De l’état de « sautant » je suis passé à l’état de « volant » comme Superman.

État 4 : Survolant la ville, puis le comté, puis la région, puis la nation, puis les continents, je me suis senti de plus en plus satellisé. Oh que la terre est belle, Oh que les entreprises sont dans la mouise, Oh pourquoi ne font-elles pas appel à mes services ? Aurais-je oublié quelque chose ?
Ah oui mais bien sûr, il faut actionner le bouton « share » pour partager mes banques de données avec le monde. Ainsi peut-être que nos « share holders » (actionnaires) pourront pointer leur parabole sur mon humble satellite.

De l’état de volant, j’espère passer à l’état de satellisant dans la base du vaisseau amiral « l’Entreprise » où moi, capitaine Kirck, j’attends les missions vers l’inconnu…

État 5 : Fatigué de toutes mes escapades entrepreneuriales dans les constellations économiques humaines, je demanderai à me reposer sur la bienveillante planète Terre, dans une baraque au fin fond d’un bois où une belle aux cheveux d’argent me fricassera ce que me restera d’ardeur au coin d’un feu de cheminée.

De l’état d’un satellite performant, l’âme du capitaine ira encore plus loin pour rejoindre l’Éternel en abandonnant avec tristesse et gratitude son vaisseau humain qui lui ira s’écraser dans le sol qui l’a vu naître.

En conclusion, ce bref résumé d’une vie humaine me semble si limpide que je me demande pourquoi il m’a fallu autant de temps pour comprendre tout cela. Je dois être une bille comme diraient certains, mais je me rassure car vivre dans un monde où la roue n’existe pas, c’est pas mal !

Laurent DUREAU

PS : Il semblerait que mes talents de conteur s’épanouissent avec l’âge. Ce doit être le fait d’être grand-père. C’est sûr, cela sera génétiquement vérifiable d’ici quelques générations !

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 4 avril 2007 et réactualisé sur le blog 345D le 7 avril 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/survol-dune-vie-dun-vieux-pas-encore-assez-vieux/

(1 commentaire)

  1. karine

    Un pas après l’autre, on avance sans fin :-), toujours plus haut. Qui a dit qu’il y avait une fin, la vie n’est-ce pas l’infini? Quelle joie de rencontrer sur ce chemin ce charmant homme appelé Laurent Dureau et tout ceux qui se sont joints à lui . Je savoure et me délecte, merci :-). Je vous aime.

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