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Suis-je marié à mon blog ?

 haute-merC’est la question qui m’a traversé toute la semaine dernière, et à vrai dire depuis le 1er juin. En effet, je commence à entretenir une relation avec ce blog qui oscille, me semble-t-il, de la même manière qu’avec une partenaire à laquelle j’ai des comptes à rendre.

La grande période de l’amour initial semble être derrière et une autre sorte d’amour prend le relai. Il y a des hauts et des bas comme dans toute relation, mais le bas de la semaine dernière est porteur d’un message que je ne connaissais pas.

En effet, suite à une mise à jour pas vraiment « successfull », une espèce de rejet assez sournois est né en moi. C’est comme quand quelqu’un vous a énervé au point que vous êtes prêt à lui dire de prendre ses valises et d’aller retourner vivre chez sa mère.

Il s’ensuit une espèce de vague à l’âme où l’hésitation est reine. Vous oscillez entre « fais chier, je laisse tout tomber » et le « t’inquiète pas, c’est juste un ras le bol passager ». Et puis, pendant cette période des questions ou réflexions saugrenues viennent frapper à votre porte.

C’est du style : « T’es pas marié avec alors prend le large. », « Pourquoi tu t’emmerdes avec ça ? », « T’as pas de compte à rendre », « T’as pris le meilleur et maintenant que tu sais, tu peux aller voir ailleurs », « Allez passe à autre chose, la vie est belle ! ».

Alors pendant une semaine, comme après un gros orage relationnel, le négatif est remonté à la surface tout en pensant qu’avec son odeur de soufre, il allait faire décamper le touriste que je suis, mouillé jusqu’au slip dans sa mare à canard.

Le problème, c’est que ledit touriste a appris que derrière les grosses pluies se cache une nature revivifiée qui a repris des forces. Un léger brin de soleil, et soudain tout s’illumine au point que vous en oubliez que l’orage ou la grisaille est passé par là.

Derrière toute demande d’abandon se cache un acte de réflexion qui appellera à une décision.

C’est inévitable, comme le creux de la vague appelle le haut de la vague. Il suffit d’attendre suffisamment longtemps pour se rendre compte que l’on était dans un creux.

Il en est de même dans les relations avec un(e) bien-aimé(e). Un peu de recul fait du bien afin de l’aimer encore plus fort lors des réconciliations. Le détachement entraîne souvent un rapprochement encore plus fort parce que l’on sait mieux pourquoi on l’aime.

Cette mise à jour logicielle de WordPress en 2.5.1 qui ne s’est pas bien passée du tout m’aura appris plusieurs choses dont celle-ci : Toute construction peut être détruite par un tremblement de terre.

Alors, devant les murs fissurés et la toiture effondrée, je me suis dit qu’il serait bien que je fasse dans l’anti-sismique avec dalles flottantes, tuyauterie avec raccords flexibles, murs ceinturés, toiture allégée et structure métallique.

J’ai donc repris la construction de ce blog sous un angle nouveau où d’abord le nombre de plugins va être limité à son minimum et  où tous les petits plus seront rangés au placard des souvenirs. En effet, lors d’un tremblement de terre, les bibelots sur les étagères peuvent devenir de vrais projectiles qui peuvent vous tuer.

On va donc faire dans l’ascèse d’extension. Le ménage sera ainsi simplifié et la maison se voudra plus dans la tendance zen où un seul trait de crayon semblera une œuvre d’art à lui tout seul.

J’ai donc commencé à nettoyer l’étage « Téléchargement » afin de le rendre plus simple et plus robuste. J’en ai profité pour réapprovisionner les stocks avec des cahiers et des diaporamas supplémentaires pour ne pas mourir de faim à la prochaine secousse !

L’étage « Best of » va lui aussi être sévèrement remanié, allégé et reconstruit avec des briques logicielles qui tiennent la route. Je veux dire du code qui ne s’écroulera pas à la moindre mise-à-jour. Jouer à Tarzan dans les échafaudages mène inexorablement à se prendre une pelle… ou un râteau !

Pour les autres étages, une revisite se fera quand j’aurai d’abord enfin mis de l’ordre dans les tonnes de Widgets capricieux qui s’affichent dans les 2 colonnes de droite. Là c’est la pagaille et il va falloir sévir sérieusement parmi les indisciplinés.

Enfin, le dernier morceau et pas le moindre est celui de l’affichage d’une page avec la kyrielle de petites choses qui se coincent entre la fin de l’article et les commentaires. Là il va falloir jouer de l’huile de coude pour le code et s’assurer que le ciment tient la route.

Écrire des articles est sympa, mais reconstruire un blog l’est beaucoup moins. C’est comme pour manger. Quand on est à table c’est super, surtout quand on a participé à la préparation, mais ensuite se taper la vaisselle gêne un peu la digestion.

C’est en cela que je dis que bloguer c’est une relation de couple. Il y a la partie préparation – construction du repas puis la partie consommation pour enfin terminer par la partie ménage où quelques maladresses (toujours malheureuses) assurent le renouvellement de la vaisselle.

Sur ce dernier point et sur le moment, les oreilles vous sifflent tant le partenaire se déchaine et puis une fois le soufflé retombé, on se retrouve à faire les magasins à la recherche d’assiettes incassables pour remplacer les défuntes offertes lors du mariage.

Certes, c’est moins poétique et il y a moins de souvenir mais ce qui est sûr, c’est que si le code est suffisamment souple, vous aurez nettement moins mal à la tête lors du prochain tremblement ou secousses.

Bref en résumé, et en dépit d’un pessimisme passager, l’optimiste que je suis va se remettre à la tâche (doucement) afin que cette œuvre puisse survivre au bidouillage permanent des funambules du code informatique.

Je comprends maintenant pourquoi la plateforme gratuite de WP est limitée en options. Ils s’assurent que les marins en herbe ne sortent pas du port (ou de la baie locale) et que le maître-nageur local puisse leur venir en secours rapidement et sans effort (juste de quoi justifier la paye).

Par contre, pour ceux qui vont plus loin que la rade et qui fabriquent leur propre bateau, on leur souhaite bonne chance en espérant que leur kit de secours est à jour. Cela ne vous garantit en rien que vous survivrez mais au moins, vous aurez été en règle avec la loi (et les responsables n’auront rien à se reprocher !).

A tout seigneur tout honneur, il ne vous reste qu’à connaître votre missel par coeur car, au milieu des vagues, du vent et de la tempête, quasiment personne ne sera là pour vous donner un coup de main et vous n’aurez pas le temps de lire.

Ce n’est pas le tour du monde en solitaire mais assurément le tour d’un monde en solitaire.

Et puis dans l’histoire, il n’y a aucun prix à gagner ! Seulement la satisfaction de dire « Je l’ai fait ». C’est vraiment une aventure comme avec un partenaire : plein de rêves, plein de promesses et à l’arrivée… quelques satisfactions suffisantes pour vous faire dire que c’était génial mais que vous allez y réfléchir à deux fois avant de recommencer une nouvelle aventure…

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le  9 juin 2008 et réactualisé sur le blog 345D le 24 mars 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/suis-je-marie-mon-blog/

(2 commentaires)

  1. sybé

    Merci Laurent pour ce tour d’un monde en solitaire
    dont nous assurément, ceux qui te lisent, solidaires

  2. Fabrice

    Bonjour,

    Cela me ferait un immense plaisir d’aider dans ce domaine.

    Site web, linux, php, programmation, hébergement, et bidouilles sont les quelques mots clés qui définissent aujourd’hui mon activité au sein de la 3D 🙂

    Alors « bloguons » si c’est pour la bonne cause (voir la meilleure).

    Egalement un grand merci pour tous ces articles qui progressivement me font voir les choses sous un bien meilleur angle.

    Bye,
    Fabrice

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