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Stratégie : La gestion des risques

 risLa vie entraîne inéluctablement une prise de risque car la vie, dans sa substance même, n’est que prise de décision. Et prendre des décisions engage…  Dans son acceptation courante, le risque n’est que la forme éphémère et potentielle d’un futur problème pouvant dégénérer en crise.

Dans un autre contexte, quel risque ai-je à l’inviter ce soir au restaurant ? Ce qui est fascinant chez l’être humain est sa façon de prendre des décisions.

On pourrait penser que prendre un risque serait une action proactive, alors que les faits nous démontrent qu’elles sont le plus souvent issues d’une pression subie.

A la question précédente « vais-je l’inviter au restaurant », la prise de risque va dépendre largement du contexte.

Dans le cas où cela concerne une personne avec qui vous aimeriez entrer dans une relation plus intime, le risque est que si elle refuse alors vous regarderez la télévision tout seul à la place de partager des sensations plus enivrantes. Cette décision classable parmi les pro-actives sous-tend l’évitement d’être seul et, peut-être, le regret de n’avoir pas demandé ce qui peut amener une forme de crise du style « je ne vaux rien, je suis nul » confortant un état dont vous tenez absolument sortir.

Si le contexte est une date anniversaire, alors la nature du risque change avec des possibilités de crise nettement plus grandes car souvent larvées. Alors, à la joie du « il s’est souvenu de notre anniversaire de mariage », la vraie question à poser serait plutôt du style « pourquoi s’est-il vraiment souvenu de notre anniversaire de mariage ? ».

Certes, cela casse l’élan romantique et les bonnes raisons apparentes de l’inviteur mais, au fond, nombre d’entre nous prennent un risque pour en éviter encore un plus grand.

Les « pure player » du risque, ceux qui veulent de l’adrénaline sont, somme toute, assez rare. Si seulement 1% de nos décisions était de cette veine, le monde d’aujourd’hui serait très différent.

Par essence, une entreprise étant un univers d’interdépendance, une crise y apparait parce que, tout simplement, une décision n’a pas été prise à temps.

Si gouverner c’est prévoir, alors il y a eu manque d’anticipation. Prendre une décision au dernier moment ou, encore pire, trop tard, même avec toutes les bonnes raisons du monde, démontre l’incapacité réelle du décideur à assumer ses responsabilités.

Pour faire simple, la gestion des risques n’est que l’anticipation de scénarii possibles en fonction de contextes donnés.

En prenant l’exemple d’un coureur automobile de rallye, quelle serait votre réaction s’il fait une sortie de route et que vous appreniez qu’il n’avait pas prévu qu’il pleuve ?

Un professionnel anticipe le maximum de cas dans la mesure des possibles, et puis ensuite il prend des risques apparemment insensés (ce qui ravit les foules et fait le spectacle) mais qui sont totalement sous contrôle. Le néophyte applaudit la prouesse et le professionnel apprécie le niveau de performance.

A qui sait prendre les risques, la fortune sourira… sauf à ceux qui croyaient tout contrôler. L’imprévu fait partie du chemin de l’apprentissage et les meilleurs pilotes sont ceux qui ont véritablement appris de leurs sorties de route.

Certains parleront en termes de chance (les loosers) pendant que les autres parleront de maîtrise (les winners). Puis pour faire bonne impression, les winners diront qu’ils ont eu de la chance (ce qui est vrai mais dans un pourcentage infime) afin de ne pas blesser les loosers et les laisser là où ils sont, c’est-à-dire sur le bord de la route…

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 6 décembre 2006 et réactualisé sur le blog 345D le 7 mars 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/strategie-la-gestion-des-risques/

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