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Où est l’âme de la compétition ?

divers1 La compétition est un puissant moteur du changement. Si en soi c’est une bonne chose, elle devient vite destructive quand utilisée à mauvais escient. L’erreur souvent commise est de se tromper d’adversaire. Basée sur la comparaison de résultats intangibles, la compétition n’aime pas les ex-æquo…

Il ne peut y avoir deux médailles d’or dans la même discipline olympique ou deux champions du monde au football ! Vouloir hiérarchiser à tout prix cause de grandes détresses émotionnelles chez l’être humain. Autant on vénèrera le gagnant, autant on oubliera vite les autres, les perdants. Certes, pour les battants battus cela leur donnera de la « niaque » pour progresser afin d’atteindre la marche la plus haute du podium. Certains, moins sûr de leur valeur, en profiteront pour ingurgiter quelques dopants… afin de satisfaire leur ego. Être un compétiteur éthique demande beaucoup de courage mais aussi beaucoup de lucidité par rapport à ses propres capacités.

Ancien décathlonien, je m’entraînais toujours avec les plus forts dans chaque discipline afin de progresser. Certes, je ne pouvais jouer le jeu de l’ego, du plus fort mais chacun m’aidait du mieux qu’il pouvait pour m’instruire, m’encourager et me pousser dans mes retranchements. Pour eux, je n’étais pas un adversaire mais un élève assidu qu’ils pouvaient encourager à chaque compétition. Ils savaient que je ne décrocherais pas de médaille mais d’une certaine façon ils m’enviaient !

Être fort dans une discipline, c’est quelque part plus simple que dans 10 disciplines. Travailler la tonicité, l’explosivité, la force tout en restant souple et résistant n’est pas simple. Qui aurait l’idée de demander à un lanceur de poids d’avoir la légèreté d’un sauteur en hauteur, la souplesse et tonicité d’un coureur de 110m haies, la résistance d’un coureur de 800m, la vitesse d’exécution du lanceur de disque et la vitesse de bras d’un lanceur de javelot ?

Nous étions 3 décathloniens dans le club dont l’un de 20 ans mon aîné et le second n’avait que 5 ans de plus. Avec ce dernier, nous étions comme deux frères mais le jour de la compétition c’était différent. Avant chaque épreuve, on s’encourageait mutuellement et après on se consolait en étudiant ce qui n’avait pas marché. Mais pendant l’épreuve, nous n’avions que nous-même comme adversaire. Nos peurs, nos doutes, nos souffrances musculaires, notre manque de jus faisaient qu’il fallait faire avec. Donner le meilleur de soi-même était le véritable défi et les résultats n’étaient là que vous valider extérieurement ce qui se passait intérieurement.

La compétition est un jeu pour nous faire grandir par rapport à nous-même et non pour enfoncer les autres. Certes, gagner des points ou des médailles fait du bien à l’ego. Pouvoir se comparer aux autres est important pour savoir où l’on en est avec soi-même. Mais chacun est unique et tous, nous ne pouvons être les meilleurs partout; alors aidez vos compétiteurs à devenir meilleur et la compétition s’en verra hautement enrichie.

Pour moi, mieux vaut être le dernier de la ligue nationale que le premier de la ligue départementale. Ne vous trompez pas d’adversaire. Les autres ne sont là que pour donner une idée où vous êtes sur le chemin de votre maîtrise. Remerciez-les, encouragez-les, car grâce à eux vous aurez un plus grand plaisir à jouer.

PS. Si les tirs au but à la coupe du monde sont là pour départager deux équipes, cette règle devrait être interdite en finale ! En effet, si après les prolongations, le score est à égalité alors un jury devrait déterminer le gagnant en fonction de la qualité de jeu et du spectacle fourni. Après tout, les sommes financières considérables récoltées sont reliées à la qualité de jeu développée par les meilleures équipes du monde. Il s’ensuit donc que le finaliste ayant donné le meilleur spectacle soit récompensé en cas d’égalité. Dans ce cas, la France serait devenue championne du monde cette année !

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 10 août 2006 et réactualisé sur le blog 345D le 19 avril 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/ou-est-lame-de-la-competition/

(1 commentaire)

  1. Suzy

    Briller dans sa liberté naturelle,et non dans la paix artificielle dans le coeur de qui le désir demeure embusqué. Toujours fermes, toujours libres l’esprit n’est- assujetti par rien….

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