Les jeux de l’ego et moi, et moi (3)

 ego58Hé oui, encore une petite couche, surtout pour vous dire que le cœur véritable ne pourra jamais être une croyance car il n’est qu’expérience et certitude.

Dit autrement, ne confondez pas le cœur dont je parle avec le cœur que vous avez dans la tête et qui n’est qu’un reflet mental pour mieux vous illusionner vous-même. Ne confondez pas le soleil avec son reflet inversé à la surface du lac …

En effet, ce que l’eau du lac a comme particularité, c’est de rajouter des vagues à l’image originale. Ces vagues sont souvent dues soit au vent mental, c’est-à-dire à vos pensées qui vont déformer les faits, soit aux remous créés par vos émotions.

Eh oui, de temps en temps, un poisson (un blocage émotionnel) vient s’inviter joyeusement en essayant de gober une mouche (pensée) souvent d’une manière totalement inattendue.

Par cette métaphore, vous comprenez que ce que nous prenons pour réel n’est, en fait, que le reflet de la réalité. En ce sens, c’est la raison principale de l’enseignement de nombre de philosophies qui demandent de faire le vide afin de s’extraire du mental.

Or, comme vous l’avez probablement constaté, il est quasiment impossible d’obtenir ce vide, car le simple fait d’y penser fabrique du vent… On ne peut arrêter les pensées de jaillir, ainsi que certaines émotions en relation avec ces pensées. Une truite dès qu’elle voit une mouche sautera, automatiquement !

Donc, si vous attendez que vos pensées s’arrêtent et que vos poissons émotionnels fassent du farniente, la possibilité d’avoir la véritable image du ciel est quasiment nulle !

Par contre, la voie la plus aisée sera de passer par le cœur car lui, ne pense pas et est au-delà des émotions et de l’affectif. De plus, il ne demande aucune concentration ou truc mental, donc le vent est inexistant.

En étant vraiment dans l’ici et le maintenant, vous verrez que votre lucidité sera nettement plus grande et cela, quoi que vous fassiez. Il en découlera une clarté comme si un brouillard se dissipait.

Être dans la clarté et la lucidité par rapport à soi-même et par rapport au monde, et cela sans jugement, vous amènera à être plus précis dans vos actes, dans vos gestes, dans vos mots et dans vos pensées.

Par la simplicité du fonctionnement qui existe au sein du cœur, l’imprécision se dissipe. Il en découle aussi comme une ouverture plus grande au monde, aux conceptions, et surtout à vos propres comportements.

Vous vous surprendrez vous-même, car en suivant les voies du cœur, on sort automatiquement des rails d’expression du mental. Certaines ornières “conceptuelles”, sociales, intellectuelles ou comportementales seront tout simplement dépassées, transcendées ou transmutées.

En étant la chose, vous devenez la chose, et vous en expérimentez ses vibrations. Ce n’est pas en comprenant que vous pourrez vivre la chose. Ça, c’est la croyance, le reflet !

Ainsi, si vous désirez être lumineux comme le soleil, n’allez pas étudier la physique mais mettez vous à la place du soleil. Ressentez ce qu’il est, “faites pour de vrai” et vous ressentirez ce que c’est qu’être le soleil.

Ainsi, par imitation, vous apprendrez à résonner, à vous mettre en résonance avec tout ce qui touche votre cœur. Comme un enfant, avec innocence et pourtant lucidité, vous vous laisserez porter par l’expérience elle-même.

Alors, exit toutes les suppositions qui vous pourrissent la vie. Car dès que vous supposez, vous serez automatiquement à côté de l’expérience et non dans l’expérience elle-même.

Chaque supposition entrainera automatiquement une projection, et donc une attente qui, probablement, ne sera jamais réalisée. Laissez vous porter dans votre propre expérience et en aucun cas vous ne serez déçu. La déception ne peut venir que d’une comparaison, et là aussi cela entrainera un jugement.

Alors fuyez toute supposition si vous voulez vivre l’instant présent, l’ici et le maintenant. Redevenez l’enfant qui ne se pose aucune question mais qui, cependant, est très lucide sur ce qui se passe réellement.

Cette facilité à vivre l’instant présent sans supposition amène la fluidité. Soyez donc comme de l’eau pure qui ne sait pas par quoi elle va se faire colorer ou parfumer. Ne projetez rien du tout, et les plus grandes expériences de votre vie se dérouleront sous vos yeux, et surtout dans votre cœur !

Cette fluidité se construit à travers l’observation réelle de vos modes d’action et de vos comportements et tout ceci, sans jugement et sans complaisance car, à ce niveau-là, l’émotionnel et l’affectif n’ont plus leur mot à dire.

Sortez de cette croyance qu’un humain n’est humain que s’il a des émotions et que régulièrement il déconne. Ne confondez pas un état de fait (le reflet) avec la réalité de La Source à l’origine du reflet.

Sans soleil, sans lumière il ne peut y avoir de reflet, tout comme il ne peut y avoir de reflet s’il n’y a pas de lac pour faire miroir. Le paraitre ne peut exister (le reflet) si l’être n’est pas (l’eau du lac).

Le par-être, c’est notre mental-ego en action. Il adore être l’artiste qui va faire de beaux tableaux, de belles projections pour dire “regardez-moi comme je suis beau !” Il adore dessiner des images déformées à la surface du lac.

D’ailleurs, ceux qui y arrivent le mieux sont ceux qui sont dotés d’un ego-spirituel conséquent. Ils vous peignent les reflets du ciel avec une précision inégalée. En fait, c’est avec toute la hauteur et la profondeur de leurs croyances et projections personnelles…

Combien chacun d’entre nous aime-t-il décrire ses vaguelettes (ses compréhensions) du Divin ? De combien pouvons-nous être fiers de celles-ci ? Et de combien sommes-nous prêts à les abandonner ?

Nous sommes les artistes de notre vie, non seulement matérielle mais surtout émotionnelle, intellectuelle et spirituelle. Nous voudrions tant que notre lac soit calme afin de mieux voir l’image du Ciel se refléter en nous, mais nous n’arrêtons pas de pagayer comme des malades…

Arrêtons de penser.
Arrêtons de supposer.
Arrêtons de projeter.
Arrêtons de tout vouloir comprendre.
Arrêtons de tout vouloir contrôler.
Arrêtons de vouloir faire notre vie.
Arrêtons de vouloir devenir mieux.
Arrêtons de vouloir quoi que ce soit !

Suivez tout simplement votre cœur. Il vous emmènera là où votre âme veut aller. Il vous dira quoi faire à chaque instant, de la glandouille totale à la rêverie la plus déjantée, mais pour cela il vous faut lâcher prise sur votre devenir !

Vous n’avez aucune projection à faire, sinon cela veut dire que vous essayez de construire un nouveau rôle, un nouveau masque pour être un nouvel acteur dans une nouvelle pièce de théâtre. Et la musique recommence !

Dans le cœur, il n’y a rien de tout cela, car il n’y a que la conscience d’être, ici et maintenant. Il y a juste résonance entre le dedans et le dehors, entre le visible et l’invisible, le dit et le non-dit, le bruit et le silence.

Ainsi, passer dans le chas de l’aiguille sera simple, très simple, car vous serez vierge de toute projection et donc, de toute attente. Alors n’attendez rien, sinon cela veut dire que vous n’êtes plus dans l’instant présent.

Cela veut dire que vous projetez et que c’est donc votre ego qui fait des siennes. Vivez donc chaque minute pour ce qu’elle est, en vous foutant de ce qu’il y avait avant, tout comme de ce qu’il y aura après.

Vivre dans le cœur, c’est faire table rase du passé comme du futur. Plus vous ferez simple, et plus les choses deviendront simples. Vous deviendrez donc plus fluide, car simplicité et fluidité sont synonymes !

Passer de l’ego au Cœur, c’est accepter de mourir, quelque part, tout en sachant pertinemment que ce qui meurt n’est rien d’autre que l’illusion fabriquée par votre ego, car vous, vous êtes immortel dans votre essence.

Votre ego ne peut mourir, mais les constructions qu’il a bâties depuis des millénaires en ce monde de 3D peuvent être rasées. La Nature reprend toujours ses droits sur les constructions de l’homme.

Il en est de même pour vous. En abandonnant vos constructions, vous ne leur donnez plus l’énergie pour survivre, ainsi votre véritable Nature intérieure reprendra ses droits tout naturellement.

N’essayez donc pas de planifier votre déconstruction comme on raserait un quartier de bidonville pour en faire plus tard un centre commercial. Ne projetez rien et laissez faire votre cœur en l’écoutant, tout simplement.

Ce qui sera reconstruit sera au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer, alors lâchez prise et faites vous confiance, ayez la foi en vous, en votre petite voix car elle sait tout, et même bien au-delà !

C’est vrai que se faire raser quelques croyances, quelques quartiers huppés, peut être difficile et amener des pincements de cœur. C’est inéluctable, mais soyez au-delà de ça.

“Grandir” demande à changer de garde-robe régulièrement, alors sachez faire table rase de ces trucs qui vous sont devenus trop étroits. Dans le cœur, il n’y a pas de contrainte, mais dans l’ego et ses constructions il y en a obligatoirement.

Dit autrement, là où vous vous sentez à l’étroit, c’est là qu’il vous faut devenir lucide et prendre des décisions, sinon vous allez devenir de plus en plus tordu et déformé. N’acceptez plus le “il faut souffrir pour devenir belle” ou le “Il faut travailler dur pour…”

Certes, il peut y avoir des moments d’inconfort entre le passage de la taille devenue trop petite et de l’autre qui est un peu grande, mais on s’en fout ! Il faut savoir être au-delà de ça…

Tout ce que je sais, c’est que là où il y a des contraintes, il n’y a pas la joie. Et là où il n’y a pas la joie, c’est que vous êtes probablement dans une illusion qu’il vous faut lâcher.

De toute façon, si vous ne le faites pas, cela ne fera qu’empirer jusqu’au moment où vous lâcherez. Alors autant être conscient que la souffrance que vous avez est proportionnelle à votre non-lâcher prise…

C’est vrai que tant que l’on ne sera pas passé en 5D, on va se faire emmerder encore un certain temps avec les vicissitudes de la vie de 3D. Il faut donc être zen et comprendre qu’il ne faut pas vivre ça comme un drame, sinon vous allez retomber dans le rôle de la victime…

Voyez ça comme une occasion de grandir, car ce que nous voyons comme une épreuve n’est, en fait, qu’un tremplin pour l’accès au Cœur. D’ailleurs, le mot épreuve n’appartient qu’à l’ego puisque le cœur, lui, il fait avec ce qui est !

L’ego râle. L’ego voit tout comme compliqué, pas facile et éprouvant. L’ego ne jure que par la difficulté !

Le cœur jubile. Le cœur est tellement simple en esprit qu’il n’arrive même pas à voir qu’il est dans la merde ou qu’il va l’être. Il se dit “on verra”, car il sait au plus profond de lui que quelqu’un de plus puissant et aimant que lui le bichonne inconditionnellement…

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog 4D5D le 20 septembre 2010 et réactualisé sur le blog 345D le 20 août 2012.

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