Et si votre CV est un peu court …

Souvent quand on lit les petites annonces pour trouver un job, on a la réaction du « C’est pas pour moi, ils en demandent de trop ! ». C’est vrai qu’à la première lecture, il y a souvent de quoi refroidir quand on voit la description de superman pour faire un job ras des pâquerettes.

Décourageant de premier abord, et pour ramener un peu dans l’humour, je m’en vais vous raconter une histoire que j’ai lu sur internet. Le style est volontairement accentué mais il décrit bien les mécanismes qui font que nous nous croyons toujours en-dessous de la barre.

Voici l’histoire :

MOURICE BEN FENECH se présente, pour un emploi de vendeur dans un Super Bazar où l’on vend de tout. Le patron lui demande s’il a de l’expérience.
– « Si j’ai de l’expérience ? Dans la vente ? Aaiaiaiaiaille, ti me demande ça à moi, Mourice Ben F’nech ? J’suis le Roi de la vente, moi ! Mon cousin il avait une boutique, j’l’ui ai tout vendu. Maintenant il est parti au souleil, tellement j’l’ai rendu riche… sir la tête de ma mère, y’a pas meilleur vendeur que moi ».

Le Patron, amusé par la situation, décide d’essayer le jeune homme pour la journée.
Le soir, il revient pour voir ce qu’il a bien pu vendre.
– « Alors,combien de ventes as-tu faites aujourd’hui ? »
– « Une seule, sur ma tête Patron, il est v’nu qu’un client »
– « Ce n’est pas très brillant ça, et une vente de combien ? »
– « Seulement 100.000 Euros, patron »
– « Quoi ? 100.000 ? Tout rond ? Mais…comment ça ? »

Et Mourice, il raconte :
–  » Y a un type qu’est v’ni et j’li ai vendu un hameçon. Pis, j’li propose la petite canne à pêche au lancer et une série de mouches. Et comme j’li dit qu’il peut pas pêcher sans être bien équipé, j’li vends aussi la grande canne avec la ligne et les bouchons et un moulinet..
Sur la tête de ma mère,
–  » t’en as jamais vi un com’ca « , que j’li dis, » ti peux r’monter MobyDick avec ça « .
Après, pour pas qu’il ait honte devant les autres pêcheurs, j’li ai vendu l’équipement, les bottes, le ciré et le bob. Parce qu’avec sa canne toute neuve, s’il a pas l’équipement, y va passer pour un plouc, hein chef ? Et les clients de Ben F’nech, ils peuvent avoir l’air con mais pas l’air plouc.
Pis, j’li demande où il va aller pêcher. Imm dit  » sur la côte « . Alors ,j’li dis qu’il f’rait bien d’acheter un bateau pour pêcher au large, et j’li vends le hors-bord de 12 mètres avec les deux moteurs. Et j’li demande comment y va emmener son bateau sur la côte. Y savait pas. Alors, j’li ai vendu la nouvelle Mercedes et une remorque pour tracter le bateau.

Et pis on a fait les comptes. Ca faisait 101.124 Euros.
Alors j’li dis : « comme t’es un bon client, j’ti fais un prix: 100.000 tout rond, mai ti paies cash ».
Il a dit « j’passe à la banque et j’arrive ». Et 1/2 heure après, il est rev’nu avec l’argent et il a tout pris, patron. Les sous sont là dans la caisse. » …
Le Patron est scié, complètement ahuri, assis par terre. Il n’en croit pas ses oreilles, il regarde l’argent dans la caisse et dit :
– « T’as vendu une Mercedes et le hors-bord à un gars qui venait pour acheter un hameçon ? « 
–  » Heu…bin non, pas vraiment, patron. L’client, y v’nait pour ach’ter une boîte de TAMPAX pour sa femme, alors j’li ai dit : « Pisque ton week-end il est foutu, pourquoi t’irais pas à la pêche ? »

Avec un peu de recul, cette histoire nous décrit qu’à partir d’un rien du tout, il suffit d’une réflexion, d’un petit truc pour déclencher une avalanche aussi imprévisible qu’inattendue.

Par le questionnement, l’humour et le culot, notre cher vendeur de pacotille malgré son langage peu châtié pousse le bouchon à chaque fois plus loin avec un naturel déconcertant.

Vous me direz, c’est une blague, une histoire. Oui, c’est vrai, mais elle énonce clairement que nous n’arrêtons pas de nous mettre des bâtons dans les roues quand nous n’y croyons pas. Nous n’arrêtons pas de mettre le pied sur le frein à cause de nos peurs, nos appréhensions et toutes les règles qui nous coincent.

Avoir du culot, tout en restant dans les règles de politesse et de non-escroquerie, c’est ouvertement dire : « Je suis ouvert à tous les possibles et je n’ai pas peur de l’inconnu ».

Alors pourquoi pas ? Pourquoi ne pas essayer ? Qu’est-ce que je risque à essayer ? Car peut être après vous vous direz « merde, j’ai loupé le coche ». Et vous ruminerez cela pendant un temps certain pour ne pas dire toujours.

Combien de ventes avez-vous loupées car vous avez voulu rester dans les limites conventionnelles alors qu’une pichenette de courage aurait suffi à tout faire basculer ! Je sais, c’est bête et personnellement j’ai un véritable chapelet d’occasions manquées.

Bien sûr, il n’y a pas que la vente mais tout nous pousse autour de nous à prendre des initiatives quelquefois jugées déraisonnables mais c’est parce qu’elles sont déraisonnables qu’il faut avoir du culot.

Un jour, je découvris mon futur associé comme cela. J’avais osé quelque chose de culotté et, de fil en aiguille, je l’ai rencontré et il devint mon initiateur car lui, c’était un vrai, un vrai de vrai. Jamais je n’avais vu un tel culot et le fait qu’il soit millionnaire n’était pas étranger au fait.

Je l’ai donc observé minutieusement et, après quelques années « d’enseignement », il n’y a plus grand-chose qui m’effraie. C’est comme si cela m’était devenu familier de franchir les lignes que d’autres ont tracées. Je dirais même que c’est un plaisir dont je ne me prive pas.

Il m’arrive donc des choses imprévisibles au point que certains pensent que je suis « aidé des dieux » mais en fait c’est tout simple. Il suffit d’aller juste un peu plus loin que les autres. C’est vrai qu’à ce jeu-là vous allez taquiner des limites qui, quelquefois, sont mal perçues.

Et alors, vous avez essayé et vous n’aurez aucun regret d’avoir essayé. Vous aurez l’âme et l’esprit en paix parce que vous avez découvert ce qu’il y avait derrière. C’est une sorte de curiosité que j’appellerai saine et qui est un véritable antidote à la sclérose mentale.

Alors faites comme Mourice Ben Fenech, vous posez pas des questions mais plutôt posez-leur des questions et n’hésitez pas d’être vous-même, simple, direct, avenant et sympathique tout en restant connecté à votre finalité : celle de faire plaisir au client et au patron !

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 12 février 2008 et réactualisé sur le blog 345D le 14 février 2012.

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(1 commentaire)

    • Nora on 16 janvier 2013 at 21 h 55 min

    Grand Merci.

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