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Dis maman, pourquoi tu pleures ?

 dismamanC’est vrai qu’il y a de quoi se faire du mouron quand on constate avec quelle énergie l’homme continue son bonhomme de chemin vers son propre anéantissement. C’est frappant de voir avec quelle régularité il s’entête malgré tous les clignotants qui se mettent au rouge.

Il est comme inconscient, voire carrément impuissant, à vouloir stopper la maladie qui le ronge. Il sait mais ne veut pas agir sauf là où c’est facile, là où le saupoudrage suffit à cacher la misère du mur qui ne tient debout que par les bourrasques de vents contraires.

Il sait que le mur n’est plus en équilibre. Il s’est que le mur n’a plus de fondations solides car le sol se dérobe, entraîné par le ruissellement de l’imbécilité. Alors il tente de mettre des échafaudages pour indiquer que le mur est en réparation.

Il ne veut pas montrer que ce sont plutôt les habits du prochain enterrement. Les toiles protégeant les passants des chutes de pierres et des poussières sont rafistolées à coup de pubs étatiques frappées du logo “Grenelle de l’environnement”.

C’est déplorable mais nous n’osons pas sortir nos mouchoirs afin d’éponger les larmes qui voudraient couler. Nous serrons les fesses en nous disant que quelque chose comme la technologie pourrait nous sortir de ce mauvais rêve mais, au fond de nous, nous savons qu’il est déjà trop tard.

Pour ne pas envenimer la situation, on est prêt à lapider le moindre corbeau noir qui pointerait son nez à l’horizon; pourtant notre coeur saigne car notre mère la Terre saigne. L’année dernière, en 2007, c’était le 6 octobre et puis cette année, en 2008, c’est le 23 septembre.

C’est un triste anniversaire car c’est celui qui indique que depuis le 24 septembre nous vivons sur un crédit total des ressources de la Terre. En effet, ce que l’humanité a consommé jusqu’à cette date anniversaire correspond à ce que la terre lui apporte en renouvellement.

La crise financière met en évidence l’avidité des riches. La crise économique qui s’ensuivra ne fera que rehausser les inégalités entre ceux qui vivent et ceux qui survivent. Le plus lourd tribu sera forcément là où la misère règne déjà.

Ces 3 dernières années, le coût des matières premières relatives à l’alimentation (blé, riz, soja, huile) a presque doublé de prix. Avant c’était un pays qui était en famine suite à une sécheresse inhabituelle ou suite à une guerre entre dictateurs locaux.

Aujourd’hui la famine sévit partout et les peuples commencent à se rebeller contre ces spéculateurs pas encadrés qui se foutent des répercussions de leurs actes. Leur avidité à récupérer le plus de pognon possible sans état d’âme est à l’image du monde d’aujourd’hui.

A ce rythme-là, la date anniversaire pour les années à venir risque de vraiment prendre de la vitesse. On taquinera peut-être début septembre, voire au pire fin août, puis l’année suivante ce sera probablement juillet.

Quand on voit qu’un groupe en Amérique latine a acheté l’équivalent de 500.000 terrains de football pour planter des Eucalyptus pour la fabrication du papier. Rien de grave, sauf que les plantations actuelles ont déjà pompé 52% des ressources d’eau disponibles asséchant 13% des fleuves et rivières !

Et qui plus est, outre tous les dommages collatéraux écologiques et humains, cela ne rapporte aucun argent à l’état car détaxé pour l’exportation ! C’est du pillage à l’état pur, et pour le bénéfice de qui ? Certainement pas des locaux !

Alors que penser de ces “pays riches” auxquels nous appartenons ? Le simple fait d’avoir un ordinateur pour lire cet article vous met déjà en haut des nantis de ce monde. Allons, pas de fausse modestie, soyez franc avec vous-même. Nous en sommes à ce stade parce que tout simplement nos ancêtres ont colonisé et exploité sans trop de vergogne ce qui semblait être sans limite dans ces pays où les sauvages sévissaient.

Alors, tout en sachant que nous ne pouvons vraiment réparer ce qui a été fait au nom de la civilisation (la seule, l’unique, la vraie), ayons au moins une attitude clémente envers ces peuples que nous avons “colonisés”.

Et puis, que penser de ce mouvement “bio” où chacun se complait à penser que c’est meilleur que les produits industriels ou, excusez-moi, les produits issus de l’agriculture raisonnée.

La France est un véritable grenier pour l’Europe. Rien qu’à voir les courbettes des politiques au salon de l’agriculture, en dit suffisamment long sur le poids de cette industrie. Certes Sarko semble moins bien intégré que Chirac dans le décor et sa dernière prestation a, il faut le dire, un peu dérapé…

C’est vrai qu’un gars de la ville a un peu de mal à affronter le monde rural. Ne dit-on pas “être à la rue” quand vous êtes un peu en retard… Alors imaginez “être à la route”, car je vous le signale dans les campagnes il n’y a pas de rues mais des routes…

Un tracteur dans la rue, c’est un tracteur en grève devant une préfecture ! Quant à ceux qui prennent la clé des champs, ils prennent l’autoroute pour aller plus vite. Le rural se meurt mais moins vite que les citadins.

Le rural se fout du bio parce qu’il en a dans son jardin alors que le citadin doit casquer un max pour en avoir. Tous les avantages ne peuvent être dans le même camp. Alors, que fait-on pour approvisionner le citadin en bio ?

On va l’acheter à l’étranger dans 70% des cas. Très écolo n’est-ce pas ? En allant voir ce petit article, vous aurez les détails de l’affaire. C’est fou de découvrir que la France importe 50% de ses céréales à manger ainsi que 30% de son lait !

On vend des millions de tonnes de blé à l’exportation et on n’est pas foutu de fabriquer celui dont on a besoin ! Pour des bouffeurs de pain, ça me fait bizarre. Je crois que les aides agricoles et la balance des exportations doivent apparemment passer avant les nécessités intérieures.

Deux misérables pour cent (2%) des terres agricoles françaises sont consacrées au bio tout en sachant que nous avons la plus grande surface agricole d’Europe ! Il va falloir vraiment m’expliquer simplement et lentement où sont les connards à l’origine de ça.

De plus les autres pays n’arrivent même plus à produire suffisamment de bio pour eux-mêmes, alors qu’est-ce que l’on fout à produire du maïs pour les vaches ? Dis maman, pourquoi tu pleures ?

Sincèrement, je crois que l’homme, avec ses logiques bien à lui, a bien du mal à comprendre qu’exporter des biens pour améliorer la balance commerciale est une aberration réelle et sérieuse passible d’une labellisation pour stupidité largement révélée.

Un éminent financier a démontré magistralement la stupidité de la théorie de l’exportation mais les croyances sont vraiment indéboulonnables ! Je l’ai cité dans un de mes articles mais je ne le retrouve plus.

Vraiment ce blog commence à devenir un peu trop garni, un peu trop obèse mais au vu des saloperies qu’il dénonce (du moins je l’espère), je crois qu’il va être fatalement diabétique.

De toute façon, même s’il faut que je monte sur un vélo avec dynamo pour alimenter mon ordinateur électriquement (avec quelques batteries à l’appui) cela me coûtera toujours moins cher que de prendre la voiture pour aller faire du sport !

Mais la salle de fitness dans les champs, ce n’est pas pareil. Il y a moins de poulettes aux tenues moulantes qui courent sur les tapis roulants, alors la motivation en prend un coup forcément. Dis maman, pourquoi les femmes me font courir au point de prendre la voiture pour aller les voir ?

Alors, je verrais bien une dynamo électrique actionnée par une ribambelle de tapis roulants sur lesquels quelques sportives marcheraient avec cette grâce qui les caractérise dans une salle de fitness en plein air sous le hangar à tracteur. Autant être efficace et joindre l’utile à l’agréable tout en sachant que son bilan carbone sera au plus bas.

Bon, dis maman, pourquoi tu pleures ? Ne t’en fais pas, je serai toujours à tes côtés car je sais que sans toi, je ne serais qu’une pauvre âme à la recherche d’un corps (pour courir après les poulettes…).

On se refait pas, car quand on sait que la France est le pays le plus visité du monde, on comprend que tous les coqs du monde rappliquent… et que leurs compagnes viennent admirer la gouaille des coqs locaux.

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 15 octobre 2008 et réactualisé sur le blog 345D le 5 mai 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/dis-maman-pourquoi-tu-pleures/

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