«

»

Imprimer ce Article

Dis Laurent, comment tu médites ?

meditationPour faire suite aux articles précédents, je me permets d’en rajouter, car c’est lors d’une discussion avec quelqu’un que j’ai réalisé que ce que je faisais naturellement ne l’était pas forcément pour autrui.

Fort de cette constatation, je vais essayer de vous faire comprendre que la véritable méditation, puisque c’est comme ça que je pourrais l’appeler, est fort loin de l’idée de ce que l’on s’en fait.

La méditation du latin “meditare” veut dire littéralement s’exercer. La méditation est donc, au départ, un exercice qui doit vous amener à une meilleure maitrise de vos capacités ou dons intérieurs.

Elle n’est pas une finalité en soi, tout comme un devoir de math à faire pour avoir une bonne note. C’est juste un exercice temporaire, qui, au fil du temps, disparaitra et se confondra à votre art de voir ce qui se passe.

Le devoir de math en lui-même est sans importance, car il n’a que pour objectif de mesurer votre capacité à un temps t par rapport à votre compréhension des maths. Il en est donc de même par rapport à vos concepts intérieurs.

Être sur la voie de la découverte de Soi est aussi naturel que d’être sur l’expérimentation des goûts et des couleurs, ou de tout autre sujet qui rentre en interaction avec vous.

La méditation est donc d’abord un état d’être qui demande au départ un “faire”, une action ponctuelle pour chauffer la mécanique. On peut, certes, devenir peintre sans prendre de cours (et donc d’être obligé de suivre des consignes), mais on gagne quand même un temps fou pendant cette période d’apprentissage si on le fait.

Ainsi, la voie véritable vient d’abord de votre cœur, de votre petite voix, et non d’une projection de l’égo qui veut prouver quelque chose aux autres. Je dis cela, car beaucoup tombent dans ce travers sans le savoir.

C’est le style, je deviens musicien parce que papa et maman font de la musique. Ainsi, en faisant comme eux, je serai accepté et aimé. Voyez-vous ce que je veux dire ? Du moins, je l’espère.

Dit autrement, quand c’est quelque chose qui vient de votre cœur, cet apprentissage est une joie, une délivrance en quelque sorte, où vous sentez que plus vous avancez, plus vous pourrez être vous-même.

C’est le musicien-né qui, à travers sa passion, acceptera plus facilement de se fader le solfège et tout le tutti quanti. Il ne sentira pas la fatigue ou le stress, bien que quelquefois, lors d’examen, il soit un peu nerveux.

Mais une fois cela passé, il va pousser le bouchon plus loin, car cette méditation solfègique n’a été qu’une étape plus ou moins indispensable. Il s’avère donc que lorsque vous vous investissez dans un apprentissage, si vous avez du cœur, ça avancera vite et vous vous en libèrerez sans traumatisme ou attentes déçues.

Par contre, lorsque le mental-égo vient y mettre son nez, la musique est toute autre. Vous vous obligez au début, parce que vous voulez apprendre afin de mieux faire. C’est donc là que les choses dérapent !

On va donc s’astreindre (avec plus ou moins de bonheur) à une pratique quelconque que l’on appellera « exercice », et cela deviendra “méditation” si on fait le spirituel !

On se retrouve alors à faire des exercices de concentration, parce que l’on a vu des bonshommes en kimono, turban ou autre tenue dérivée du bouddhisme parce que l’on confond tout simplement la forme et le fond.

Cela me fut révélé lors de mon 1er voyage au Japon, car tous les jours sur le chemin de l’école, je traversais un temple bouddhiste-shintoïste. J’en ressentais les vibrations bienfaisantes, mais quelque chose ne collait pas !

A chaque fois que je regardais les moines en méditation dans leur salle, d’une manière furtive (et parce qu’étant plus grand que la moyenne locale, je pouvais regarder par dessus les murs tout en marchant), j’accrochais quelquefois un regard et ce que j’y voyais ne collait pas à l’image…!

J’y ai instantanément reconnu le curé local en train de faire son office parce c’était l’heure, tout simplement. Ainsi, derrière tout ce décor qui me fascinait, j’y ai découvert les mêmes travers qu’en France.

J’ai aussi rencontré des tas de gens qui pratiquaient le zazen et autres joyeusetés, et cela n’a fait que confirmer que l’occidental n’a fait qu’amplifier à sa sauce un truc qu’il n’a pas vraiment compris.

En effet, maintenant que vous savez que l’égo est derrière toutes les religions, vous comprenez bien que la soi-disant voie vers l’éveil menait en réalité dans une impasse. Seul l’égo pouvait vous convaincre que vous alliez décrocher la timbale si vous persistiez ! C’est vraiment sa signature : des promesses rarement tenues (l’exception fait la règle !), d’où sa force.

Ainsi, fort d’à peine 2 ans d’une méditation tout en lâcher prise, j’avais fait plus de chemin dans l’Êtreté que la majorité des moines au crâne plus ou moins dégarni. C’est vrai qu’à l’époque, à 22 ans, j’avais vraiment une tignasse !

Malgré mon japonais rudimentaire et leur anglais totalement absent, nous nous comprenions à travers notre regard, et je savais qu’ils sentaient que j’étais un “gaijin” (un étranger) pas comme les autres. Je n’était pas le touriste blaireau avec l’appareil photo en bandoulière !

Je vais donc vous dire comment j’ai réussi, au fil du temps, à perfectionner ma concentration sur quelque chose. En effet, tout effort mental me faisant chier un max, c’est par un chemin détourné que les anges m’ont aidé à le faire.

Cela commença dès l’âge où j’ai pu tenir une canne à pêche ! En effet, je peux vous dire que regarder un bouchon pendant des heures tout en s’assurant que lorsqu’il s’enfoncera, il faudra ferrer le poisson, est des plus beaux exercices de plaisir que j’ai pu avoir dans ma vie.

Avec mon père, on se levait à 3 ou 4h du matin afin d’arriver bien avant le réveille-matin des poissons, soit le lever du soleil. Mon père était un homme peu causant et, à sa manière, très connecté à la Terre. C’était un exemple d’horloge sans la montre. Il se levait avec le soleil et se couchait avec lui !

Il était l’exemple même du type qui suivait les rythmes de la Nature, avec un tel naturel que c’est principalement grâce à lui que j’ai pu vivre cette connexion avec notre mère Urantia Gaïa. Son enseignement silencieux a été très efficace !

Ainsi, j’ai passé des centaines de matinées dans le calme le plus profond en pleine nature sauvage, recroquevillé sur moi au bord de l’eau et tenant cette gaule avec fermeté mais aussi avec douceur et sensualité.

En effet, dans les débuts quand je ferrais, c’était si fort et instinctif que le moindre poisson qui était accroché à l’hameçon jouait les filles de l’air digne des meilleurs polars. C’est sûr qu’il se prenait une accélération certaine à le faire s’accrocher dans les branches des arbres, derrière…

Bref, il me fallu donc mettre au point une technique “soft”, tout en étant bercé par toute la nature qui se réveillait (poissons, oiseaux, quadripèdes aquatiques ou non) sans compter la brume qui s’élevait de la rivière. C’était magique !

Ainsi bercé dans une espèce de féérie, il me fallait quand même rester vigilant sur ce bouchon si minuscule, car je l’avais tellement plombé qu’il ne dépassait que d’un millimètre ou deux de la surface de l’eau presque stagnante. C’est ainsi que commença mon apprentissage sur la concentration.

C’est ainsi que j’ai découvert qu’à trop regarder fixement le bouchon, mon attention fatiguait et que ma vue commençait à masquer ce petit point fluo qui bougeait rarement.

J’ai donc appris à voir sans regarder, c’est-à-dire à voir une image globale sans pour cela fixer mon attention en un point précis. Ce n’est seulement que lorsqu’un truc bougeait dans l’image que ma conscience réagissait.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un poisson titille le vaseux (le ver de vase) avant de lui faire sa fête. En clair, vous avez d’abord une petite touche ,suivie d’une touche plus importante, et enfin la 3ème où il avale tout !

Donc si vous ferrez dès le 1er coup, vous n’arriverez jamais à l’avoir, puisque le poisson palpe la proie pour savoir si c’est du lard ou du cochon. Si c’est positif, il revient à la charge pour vérifier si c’est vrai (hé oui, les poissons doutent aussi !), et enfin au 3ème coup, il ne fait pas de chichi.

Ainsi, dans mon champ de conscience plus ou moins nébuleux où je ne me concentrais nulle part tout en étant partout, la première disparition me réveillait de cet état de “je suis”, cet état dit de contemplation.

Cela avait pour effet d’enclencher l’attente de la 2ème disparition du bouchon, me donnant ainsi l’avantage d’anticiper le 3ème coup. En effet, si vous attendez de voir le 3ème coup, le délai de réaction neuronal puis musculaire fait que l’autre ce sera fait la malle avant que vous puissiez le ferrer physiquement !

Ainsi quand je ferrais, ma notion de tempo faisait qu’au moment où je ferrais, le poisson avait le vaseux entre les dents et pas encore dans l’estomac ! Vous avez compris que c’était un jeu pour moi, tout comme le chasseur qui guette sa proie pendant des heures, immobile et pourtant totalement alerte.

En vous décrivant ceci, c’est pour vous dire que notre enfant intérieur aime le jeu, et c’est grâce à cette aptitude que vous pouvez découvrir d’une manière totalement innocente des capacités qui sont en vous.

Cette capacité de me concentrer a été un très grand atout sur ma voie, car elle m’a permis d’être là sans pour cela faire appel à mon attention et énergie mentale. C’est la vigilance dans le repos qui commence par quelques minutes et qui peut devenir quasi permanent !

Ensuite, j’ai découvert grâce à l’eau que la réalité n’est pas ce que l’on voit, et donc ce que l’on interprète ensuite. En effet, si vous voyez un poisson dans l’eau claire et que vous lui lancez une flèche, vous n’arriverez pas à l’avoir car il n’est pas là où vous le voyez, tout simplement.

J’ai appris plus tard à l’école que cela s’appelait la diffraction. C’est le phénomène qui fait qu’un rayon lumineux est dévié de sa trajectoire selon la densité du milieu. Dit autrement, et en exagérant un peu, vous voyez le poisson à gauche mais en fait il est à droite !

Si vous voulez faire comme les indigènes, il faut être quasiment à la verticale du poisson pour que vous ayez une chance de manger, sinon c’est la dalle assurée. Bref, ce furent mes premières découvertes concernant l’illusion de ce monde.

Ensuite, toujours comme un gamin, j’ai découvert que le reflet dans l’eau, c’est beau à voir, mais que ce n’est surtout pas la réalité. Par contre, vous pouvez en tirer avantage. Voyons comme exemple une montagne reflétée dans un lac d’altitude en zénité totale, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun mouvement.

La surface du lac est un parfait miroir et il vous permet de voir selon votre point de vue. Donc si vous voulez changer l’image pour prendre une photo ou cliché magnifique, vous n’avez qu’à changer de place et de position.

C’est ainsi vrai que l’observateur change ce qu’il voit.Il y a comme un dialogue, mais un dialogue qui n’est qu’une illusion de surface, un reflet d’un réalité inamovible.

La montagne peut être loin, mais cependant, en la regardant dans le lac, vous pouvez quand même savoir ce qui s’y trouve. Le seul problème, c’est que plus vous avancez vers le lac et plus l’image de la montagne s’éloigne du bord, et donc de vous.

Donc, même si vous prenez un bateau, vous traverserez la totalité du lac sans pour autant mieux voir la montagne. Ceci est le phénomène de ce qui se passe dans votre tête. La montagne c’est la réalité, le dur, tandis que le reflet sur le lac est ce qu’il y a dans votre cerveau.

Ainsi, vous pouvez comprendre que le reflet du lac est illusion. Il n’est qu’un truc qui reflète une réalité mais le reflet n’est pas la réalité ! Ainsi, quand vous dites que vous allez réfléchir, en fait cela ne consiste pas à faire tourner votre mental (soit faire des vagues sur le lac), mais plutôt d’observer ce qui se passe à la surface de votre lac, de votre conscience.

Si vous restez toujours debout par rapport au lac, vous n’arriverez jamais à atteindre le sommet de la montagne. La seule solution consiste donc à se mettre au niveau de la surface du lac. Et là, miracle, le sommet de la montagne ne vous fuira pas mais se rapprochera de vous !

Bien que vous soyez à des km, vous pouvez voir ce qui s’y trouve ! Il en est ainsi dans votre recherche de La Source. Il EST. C’est du dur, du vrai, du costaud, du consistant, soit tout le contraire de la surface du lac !

Alors, quand je désire me connecter aux Cieux, je m’allonge d’abord, mais pas complètement parce que sinon on va s’endormir, mais je le fais avec quelques oreillers dans le dos.

Ainsi, je me mets en état de contemplation où je contemple le reflet du lac dans la paix la plus profonde possible. Ainsi, moi qui ne réfléchis pas mentalement et qui ne me concentre pas selon les critères classiques, je peux alors voir ce qui est, sans pour cela prendre une fusée ou un avion.

Vous pouvez comprendre que vous ne toucherez votre frère atomique, votre ange, votre Soi supérieur, qu’à la condition d’être en état de contemplation active mais non issue du mental. Vous ne pensez pas du tout ou ne cherchez pas à intervenir avec vos idées (soit l’effet du vent sur le lac,) car cela déforme irrémédiablement le reflet de La Source.

Cette “méditation” est en fait une non-méditation, car elle n’est fait d’aucun effort, d’aucune volonté, d’aucune énergie mentale, d’aucune intention émise par l’égo, d’aucun progrès à faire.

Ainsi, les meilleurs moments pour cela sont dès le réveil et avant que je me lève. Tout réveil se fait donc après n’importe quel roupillon, quelle que soit l’heure. Le seul truc, c’est que personne (ou animal) ne vienne barboter dans le lac !

Je vous révèle donc que la méditation véritable ne demande absolument aucun effort. Si vous en faites, cela indique clairement que votre mental-égo est à l’œuvre et qu’il a des idées derrière la tête !

Voilà, j’espère que vous avez compris que l’abandon, le lâcher prise, la non-ingérence mentale, vous permettra de vous connecter aux “Dieux” sans pour cela bouger d’un millimètre ! C’est gratuit et le buffet est à volonté, et qui plus est, 24h sur 24h !

C’est qui qu’a dit que l’on avait besoin de temples extérieurs avec du personnel spécialisé quand vous pouvez faire tout ça dans votre temple intérieur et après un petit roupillon ou lecture vibratoirement enrichissante ?

Laurent DUREAU

Article paru à l’origine sur le blog 4D5D le 19 janvier 2011 et réactualisé sur le blog 345D le 20 octobre 2012.

Lien Permanent pour cet article : http://345d.fr/dis-laurent-comment-tu-medites/

(1 commentaire)

  1. Mireille

    Franchement, je me sens comme une petite fille au matin de Noël..
    tout cela me semble à la fois magique et en même temps prêt à être mis en oeuvre
    comme si je savais déjà ce qu’il y a sous le papier cadeau, mais que je prenais mon temps pour défaire les noeuds et le scotch
    comme si je savais déjà que c’est bien ce que j’ai commandé au Père Noël qui est là, mais qu’en plus je l’ai mérité par tous les efforts que j’ai fait cette année
    comme si je savais qu’après un an de création mentale d’une sorte de grande montgolfière qui fait s’envoler mon mental-ego, mon coeur avec pris les commandes et me donnait la liberté, le coup de pouce qui me permet d’avancer sur ce grand chemin merveilleux qu’est la vie
    c’est pas clair tout çà ?
    en fait, on s’en fout, moi çà me fait du bien de le lire et cette explication de la méditation m’a fait atteindre une sorte de béatitude qui me donne envie de délirer et de dire encore une fois : merci Laurent

Les commentaires sont désactivés.

«

»