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Comment réagir face à une perte d’emploi (1)

pertejobPar les temps qui courent, si on vient à vous annoncer la fermeture de l’usine ou la suppression de votre poste, il est fort probable que votre sérénité va en prendre un coup. Même confiant en vous-même, votre mental va tricoter à vous fabriquer un pull haut en peurs variées.

C’est pleinement normal, même si secrètement vous n’attendiez que cela pour changer de job. En effet, la pression alimentaire nous tient souvent prisonnier dans un travail qui nous stresse et notre envie profonde d’en changer ne suffit pas à franchir le pas.

Quelles que soient les raisons, il y aura toujours des grands moments de peur et de perplexité devant le changement car quelque chose en nous fait tout pour nous paniquer et créer une espèce de terreur qui cache son nom.

Alors, selon chacun, la panique se profile pour finalement nous envahir calmement et sûrement jusqu’au bout des ongles. C’en est presque viscéral comme si on était génétiquement câblé pour cela.

La situation, à un moment ou à un autre, nous semblera désespérée. Soit dès le début, avant même la perte effective du job, soit juste après quand on réalise que c’est fait, soit après quelque mois de recherches infructueuses.

Dans tous les cas, il va nous falloir affronter cette vérité, cette question lancinante : “Suis-je capable de retrouver un job ?” qui se décline en de multiples formes et de multiples manières qui minera indéfectiblement votre confiance en vous.

Quand la peur du début se transforme en cauchemar permanent, en doute perpétuel, la colère nous gagne souvent avec violence. Notre paix intérieure est malmenée et nous sentons en nous comme un découragement, un aveu d’impuissance, une envie de ras le bol, une envie de tout envoyer balader.

Puis, jour après jour, une sorte d’immunité semble nous gagner au point de ne plus rien sentir, d’être comme insensible voire totalement impassible. C’est comme si nous étions sous amphétamine, sous une forme d’évasion temporaire où plus rien ne nous fait quelque chose.

On sent que l’on devient une loque, un rebus quelconque, une chose en trop qui n’a plus sa place en ce monde. La vie nous devient comme fade, sans goût, sans sel, sans piquant et notre regard sent le vide, l’absence et le refus de se battre.

Perdre son job semble être une calamité au même titre que la peste ou le cholestérol. C’est quelque chose qui entraîne plus souvent vers le bas plutôt que vers le haut. Et pourtant, combien de fois avez-vous  perdu votre job ?

Pour certains cela aura été quelques fois quand ils étaient jeunes, et puis pour d’autres l’enchaînement aléatoire de missions d’intérim, de CDD, de périodes de chômage fait qu’ils ne sentent plus rien. Ils sont devenus comme amorphes, bien qu’ils couvent en eux une colère bien palpable.

Tout cela semble normal car nous savons tous qu’aucun job n’est vraiment à l’abri, mais qu’est-ce qui fait que nous soyons tous tant assujetti à ces symptômes peu ragoûtants ? Une seule réponse, en définitive, me vient à l’esprit : l’association entre notre valeur identitaire et notre job.

C’est de là que nous vient notre véritable problème. Sans job, nous pensons que nous ne valons rien ou plus rien. Et plus le temps de recherche passera et plus notre identité en prendra un coup.

Il sera alors facile de clamer sur les toits que c’est parce que nous sommes devenu trop vieux, trop obsolète, trop cher et que nous appartenons à une catégorie qui a toujours été défavorisée comme la couleur de peau, le sexe, l’origine culturelle, etc.

C’est vrai, il y a beaucoup de facteurs qui rentrent en jeu mais qu’avons-nous fait réellement pendant que nous avions un job pour maintenir notre employabilité ? Globalement la réponse est souvent “pas grand chose”.

C’est parce que nous savons intérieurement que l’on a préféré se les glander bien qu’on faisait notre job avec conviction et enthousiasme, n’est-ce pas ! Nous savons que nous risquons de payer notre insouciance lors des prochaines recherches de job.

Alors par facilité, nous rechercherons un job avec le même profil que notre ancienne activité. C’est une solution, certes, mais elle sent à plein nez la facilité, le raccourci et il faut le dire, qui aime vraiment se casser le cul ?

Tirer au flan concernant l’employabilité se paye toujours cash à un moment ou à un autre de notre vie.

Nos peurs seront d’autant plus tenaces et réelles que cette vérité dénonce. La cohésion de votre confiance en vous est directement dépendante de l’effort que vous aurez fourni à augmenter votre capital de compétences.

L’association entre votre identité (ce que vous pensez être et valoir) et votre job vient principalement de là. C’est là que se trouve le véritable problème, le vrai nœud gordien. Ne cherchez pas ailleurs afin de détourner l’attention. Soyez franc avec vous-même !

Avant, lors du productivisme, les entreprises recherchaient des bras pour produire et se la jouaient à l’américaine en faisant de sorte que n’importe quel péquin pouvait faire le job même à la rigueur s’il ne savait ni lire, ni écrire.

Ce modèle (inventé par Ford) consiste à pouvoir remplacer n’importe qui dans les minutes qui suivent. Face à cet extrémisme, les syndicats sont nés avec leur corollaire de la lutte des classes.

Aujourd’hui, il n’y a plus la lutte des classes car c’en est fini du productivisme. On n’a plus à produire un max pour combler un manque dans la population mais à attirer le futur client pour qu’il consomme. Du mode Push on est passé au mode Pull. C’est toute la différence mais elle est énorme en termes de conséquences pour l’emploi.

Fini de croire au plein emploi, à l’emploi à vie, voire au même métier exercé toute sa vie après quelques années d’études en début de vie. Toc, toc, le monde a changé ! Il faut vous réveiller !

Vous pouvez toujours ne pas être d’accord avec moi et espérer atteindre la retraite pour enfin vous épanouir et faire ce que vous voulez. Non, tout cela est fini et l’on voit bien que seuls ceux et celles qui auront compris cela auront des chances, non pas de survie, mais des chances de s’épanouir chaque jour qui passe.

En effet, fini les projections à 10, 20, 30, 40 ou 50 ans. Aujourd’hui, la seule chose qui compte est votre état d’esprit, de comment vous vivez chaque instant présent afin d’exprimer les trésors qui se cachent en vous.

C’est maintenant, et non demain, qu’il faut commencer à vivre et à exprimer ce que vous êtes véritablement et cela sans faire de liens avec votre job actuel car demain vous en aurez un autre.

N’ayez plus un travail avec une paye mais ayez une activité professionnelle qui vous permet d’exprimer ce que vous êtes. Vous changerez peut-être de boite comme de chemise et cela n’a pas vraiment d’importance car ce qui compte au final, c’est la compétence que vous détenez.

Les entreprises d’aujourd’hui recherchent des compétences directement opérationnelles et se foutent de plus en plus de votre parcours. Certes en France, les méthodes de recrutement sont encore largement rétro et dépassées, mais la globalisation les obligera à être plus pragmatiques dans leurs critères de sélection.

Aujourd’hui, on fête l’armistice de 14-18 où une génération entière est morte, non pas pour sauver la patrie mais pour enrichir des métallurgistes du nom de Wendel ! Il faudrait faire de même pour le 14-18 du marché de l’emploi. Des dizaines de millions de compétences sont tuées dans les tranchées vieillottes d’un mode de pensée franco-français concernant le recrutement et toujours pour enrichir quelques vieux du capitalisme.

Alors que faut-il faire, comment faut-il réagir face à une perte d’emploi ? La première réponse, et qui prédomine toutes les autres sans discussion possible, est “ Développer votre employabilité en tout temps et en tout lieu “.

N’attendez pas de perdre votre job pour l’appliquer car cela sera déjà trop tard. Ce n’est pas en allant suivre un stage pendant votre période de chômage que cela va véritablement arranger les choses. Cela n’est qu’un replâtrage de dernière minute.

Commencez donc dès maintenant en utilisant votre droit au DIF par exemple. Allez à des conférences gratuites pendant les expos. Renseignez-vous tous azimuts et faites vous plaisir en suivant des méthodes ou des techniques de Développement Personnel et de relaxation.

Investissez plus d’argent dans votre développement personnel que dans votre voiture ou objet extérieur. Optez pour l’Etre et un peu moins pour le Paraître. Votre richesse est en vous et non à l’extérieur de vous.

Personne, et encore moins l’entreprise, doit détenir le pouvoir de votre futur. Vous devez être votre propre chauffeur, votre propre directeur car c’est votre vie. Faites en sorte alors qu’elle soit une oeuvre d’art unique en n’étant pas un objet jetable à usage unique.

Des centaines de millions de gens sont restés toute leur vie à faire la même chose, le même job, la même peine, pour ensuite être jetés à la retraite où ils sont morts d’ennui quand ce n’était pas de maladie.

Et tout ça pour quoi ? Pour un salaire de misère afin d’enrichir les quelques-uns qui vont jouer au golf quand ils ne sont pas assis dans leur fauteuil de cuir qui pue le cigare à plein nez.

Désirez-vous encore être un anonyme de service qui se tue à la tâche sous le prétexte que vous devez manger et nourrir vos gosses ? Alors mangez moins, consommez moins, pensez dans la simplicité volontaire et investissez à fond sur vous !

Le plus grand trésor en vous, c’est vous, alors faites en sorte d’être un bijoutier renommé qui saura mettre en valeur ses diamants de compétences dans un sertissage de qualités comportementales enviées grâce à des motifs éthiques irréprochables.

Laurent DUREAU

PS : Dans le prochain article, j’aborderai le côté plus humain et plus émotionnel de la perte d’emploi et comment y faire face pour mieux rebondir avec les 12 règles fondamentales.

Article paru à l’origine sur le blog Booster Votre Influence le 12 novembre 2008 et réactualisé sur le blog 345D le 26 mai 2012.
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